Schmidheiny ou la farce du développement durable

Serge Latouche  • 29 mars 2012 abonné·es

Le fait que le principal promoteur du développement durable (DD) se soit révélé un serial killer est presque trop beau pour quelqu’un comme moi qui, depuis des années, ferraille contre ce pseudo-concept pour en dénoncer l’imposture. À l’occasion de l’ouverture du procès de l’amiante à Casale Monferrato, je n’ai pu croire, lorsque j’ai vu apparaître dans la presse le nom du milliardaire suisse propriétaire de l’usine, Stephan Schmidheiny, qu’il s’agissait du héros de Rio 1992. Après tout, un Schmidheiny peut en cacher un autre, par exemple son frère Thomas, qui, dans le partage de l’empire familial, a eu la chance de n’hériter que de la division ciment. J’ai vérifié que l’industriel condamné par le tribunal de Milan à seize ans de prison était bien le paladin de l’écologie industrielle et de la responsabilité sociale d’entreprise, fondateur du World Business Council for Sustainable Development, et qui se présente sur son site comme un philanthrope.

Le mythe selon lequel le DD aurait été inventé par des écologistes sincères qui auraient vu

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