« Ce n’est que la confirmation de la solidification du FN »
Jean-Yves Camus analyse la structure du vote pour Marine Le Pen et la sociologie de son électorat.
dans l’hebdo N° 1201 Acheter ce numéro
Il n’y a que la classe politique pour se réveiller à chaque scrutin devant les chiffres du FN et crier au phénomène ! Car, comme le rappelle le politologue Jean-Yves Camus, si Marine Le Pen a convaincu 6,4 millions d’électeurs en 2012, ils étaient déjà 5,5 millions en 2002. Si nouveauté il y a, c’est l’émergence d’un vote FN en milieu rural, et le gommage du différentiel entre hommes et femmes.
Quels enseignements tirez-vous du vote en faveur de Marine Le Pen au premier tour de cette élection présidentielle 2012 ?
Jean-Yves Camus : Le premier élément que je retiens de ce résultat, c’est l’absolue cécité de la plupart des commentateurs face à la nécessité de regarder avec une véritable profondeur historique ce qui est en train de se passer. En effet, la question à laquelle je n’ai cessé de répondre depuis le soir du 22 avril était : comment expliquer la percée électorale du Front national ? Or, je tiens à rappeler les faits suivants : à la présidentielle de 1988, Jean-Marie Le Pen obtient 15 % des voix ; en 1995, à nouveau 15 % ; en 2002, 17 %. Et en 2012, sa fille est à presque 18 %. Ce qui signifie qu’il n’y a pas de « percée » du FN, dans le sens où ce parti aurait émergé du néant et aurait franchi un seuil
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