Glaneurs des villes
La pauvreté oblige une partie de la population à faire les poubelles et à récupérer les aliments abandonnés à la fin des marchés.
dans l’hebdo N° 1211 Acheter ce numéro
Quand le marché remballe et que le gros des clients a quitté la place, quelques silhouettes circulent derrière les étals, penchées sur les amas de cagettes abandonnées par les marchands. À l’intérieur, des fruits et des légumes non vendus qui attendent d’être emportés par le personnel de la voirie. En les ramassant, les glaneurs leur évitent de finir à la poubelle. Ces hommes et ces femmes qui récupèrent de la nourriture à la fin des marchés ou dans les poubelles des grandes et petites surfaces affichent dans les rues une douloureuse précarité.
Pour M. Chérif, commerçant au marché de la Bastille, à Paris, le phénomène prend de l’ampleur : « Il y a huit ans, je ne voyais pas tant de malheureux. » Derrière lui, des pêches tachées, des épinards un peu flétris, quelques abricots noircis qui n’ont pas