Une renaissance verte
Il y a sept ans, Katrina semait la désolation à la Nouvelle-Orléans. Le quartier le plus touché a choisi de se reconstruire sur un mode écologique. De notre envoyé spécial, Alexis Buisson.
dans l’hebdo N° 1216 Acheter ce numéro
Si le bout du monde devait ressembler à quelque chose, il aurait sûrement l’air du croisement des rues Charbonnet et Chartres. Là, dans l’extrême sud du Lower Ninth Ward, dans l’est de la Nouvelle-Orléans, aucune voiture ne circule. Les quelques habitations aux alentours paraissent vides. Seul le bruissement des herbes hautes ballottées par le vent donne à ce paysage un semblant de vie.
Nous sommes à quelques pas du Mississippi. Le 29 août 2005, sous l’effet de Katrina, le fleuve est sorti de son lit, semant la désolation dans le quartier. Les maisons furent emportées, des vies interrompues, une communauté déchirée. Mais Jenga Mwendo ne l’a pas entendu de cette oreille, sans doute parce qu’elle a grandi là. Il y a deux ans, cette mère de deux enfants a décidé d’ouvrir un jardin communautaire au coin de Charbonnet et Chartres. Son ambition : donner aux quelques locaux qui sont restés, ou revenus après l’ouragan, un lieu pour cultiver des herbes, des citrons et même des tomates, et se retrouver entre voisins. L’espace minuscule comprend une table et quelques chaises. Des allées de gravier blanc relient les cultures. « Il n’y avait rien ici. Pas d’arbres, pas de bancs, pas de trottoir, se souvient-elle. L’un des avantages du jardin est l’embellissement. Cela ne doit pas être sous-estimé. Les passants voient que c’est un endroit entretenu et aimé. »
Le petit jardin de Jenga Mwendo est l’une des nombreuses initiatives vertes visant à revitaliser le Lower Ninth Ward. Habitations écologiques, fermes urbaines, et même un écovillage :
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