Très cher iPhone 5

Le nouveau téléphone d’Apple présenté le 12 septembre déçoit techniquement, alors que son coût écologique et social est en nette hausse.

Julien Covello  • 18 septembre 2012
Partager :
Très cher iPhone 5

« Non-événement », simple « mise à jour technique », titrent les sites spécialisés. Entre slogans et imagerie bibliques, les fidèles de la pomme attendaient pourtant l’iPhone 5, présenté le 12 septembre, comme le messie.

Des mois de teasing commercial et de course à l’échalote entre Apple et Samsung avaient contribué à faire monter la sauce. En particulier l’absurde « guerre des brevets » à laquelle se livrent les deux géants et qui pourrait, comble du ridicule, aboutir à une interdiction de l’iPhone 5 aux États-Unis. Qui a inventé les bords arrondis des tablettes ? Apple, Samsung ou Moïse ? Les juristes du monde entier sont sur le coup.

Malgré ce sixième modèle en cinq ans, et après 183 millions d’unités vendues dans le monde, la magie de l’iPhone semble néanmoins toujours opérer. Pas moins de 50 millions d’acheteurs devraient basculer d’ici à fin 2012, confortant l’entreprise comme l’une des plus rentables du monde.

Mais ce miracle a un prix. Et même avec un téléphone à près de 600 euros, le coût est d’abord social. Le New York Times révélait, le 10 septembre, que le sous-traitant Foxconn avait mobilisé de force des milliers d’étudiants en Chine, avec l’appui des autorités du pays, pour tenir les délais de production de l’iPhone 5.

Le coût est ensuite écologique. Les Amis de la Terre  s’alarment de ce que l’iPhone 5 change ses normes connectiques, obligeant les utilisateurs à se rééquiper en chargeurs et autres docks hi-fi. L’association rappelle que ces appareils sont généralement non réparables et ont une durée de vie moyenne de 18 mois.

Quant aux utilisateurs, ils payent décidément très cher pour se rendre de plus en plus dépendants de systèmes toujours plus verrouillés et intrusifs. Mais la foi n’a pas de prix.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Colère populaire : à qui la faute ?
Décryptage • 20 octobre 2026

Colère populaire : à qui la faute ?

Ce samedi 17 octobre, une colère profonde a éclaté dans les rues du pays. Entre 550 000 et 800 000 personnes ont battu le pavé en France, malgré la violence de la répression. Mais, depuis, le débat public est saturé par la question de la violence, de la casse et du pillage. Politis donne la parole à des militant·es mobilisé·es ce week-end, pour revenir aux raisons de leur colère.
Par Kamélia Ouaïssa et Névil Gagnepain
« Il est l’heure de rendre des comptes » : en comparution immédiate, la justice applique les consignes de fermeté du gouvernement
Justice • 20 octobre 2026 abonné·es

« Il est l’heure de rendre des comptes » : en comparution immédiate, la justice applique les consignes de fermeté du gouvernement

Plus de 550 personnes ont été placées en garde à vue après la mobilisation du 17 octobre à Paris marquée par des heurts et des scènes de pillages. Certain·es mis en cause ont été jugé·es dès le 19 octobre en comparution immédiate. La majorité des prévenu·es n’avaient pas de casier judiciaire, mais les juges ont prononcé des peines de prison ferme ou des mandats de dépôt. Du jamais vu.
Par Céline Martelet
En images : « Nous sommes le pouvoir », la mobilisation du 17 octobre à Paris
Manifestation • 19 octobre 2026

En images : « Nous sommes le pouvoir », la mobilisation du 17 octobre à Paris

Samedi 17 octobre, des rassemblements ont eu lieu dans toute la France, avec de nombreuses revendications. 800 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs. Une mobilisation massive, traversée à la fois par le désir d’une convergence des luttes et par de violents affrontements avec les forces de l’ordre, comme à Paris. Reportage.
Par Maxime Sirvins
Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie
Violences • 18 octobre 2026

Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie

Une adolescente, Maïssa, a été gravement blessée à l’œil au cours de tirs de lacrymogènes par les forces de l’ordre le 17 octobre à Mulhouse. Elle a reçu un projectile en plein visage, une grenade lacrymogène selon des témoins et ne retrouvera pas la vision de l’œil gauche. La justice a saisi la police des polices.
Par Céline Martelet et Pauline Migevant