Dossier : Droite : Le temps des aventuriers

La gauche et les intellectuels : le divorce

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Longtemps, les liens furent étroits. « Organique », chargé de convaincre pour aider la gauche (ou le Parti) à conquérir une hégémonie politico-culturelle (Gramsci), « total » et engagé sur tous les fronts (Sartre), « spécifique » ou « collectif » (de Foucault à Bourdieu), l’intellectuel, quelles que soient l’époque et sa conception, entretenait avec les luttes et les mouvements sociaux – la gauche, en somme – un rapport qui semblait intrinsèquement lié à sa fonction dans la société. Celle d’une conscience censée éclairer les combats pour la justice sociale et la vérité. La naissance même du terme, pour qualifier les hommes de plume qui prirent fait et cause pour le capitaine Dreyfus, en témoigne. Que s’est-il donc passé ces dernières décennies pour que ces liens apparaissent si distendus, voire brisés ? Pourquoi la gauche ne puise-t-elle plus dans les ressources de la critique et des sciences sociales ? A contrario, pourquoi les chercheurs ont-ils rompu, pour une bonne part, avec la critique et l’engagement ? Si le mouvement, tel un divorce, fut sans aucun doute à double sens, y a-t-il eu, ou pas, consentement mutuel et comment est-on arrivé là ? Ce sont toutes ces questions qui ont animé notre réflexion sur une gauche (ou des gauches) trop souvent en panne d’idées, à l’aide du livre incisif et stimulant du sociologue Philippe Corcuff, qui s’interroge sur les causes de cette situation, non sans proposer, dans l’entretien qui suit, quelques pistes pour y remédier.


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