Dossier : Gaz de schiste : Comment on prépare les esprits

Gaz de schiste : Comment on prépare les esprits

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Difficile à croire : le débat national sur la transition énergétique s’est ouvert dans les effluves du gaz de schiste ! Bien sûr, on y affirmera qu’il est indispensable de faire décoller les énergies renouvelables et de réduire les consommations, nécessité cent fois esquivée. Le devenir du nucléaire réserve les empoignades habituelles, mais la vedette américaine, c’est le gaz de schiste.
François Hollande semblait pourtant l’avoir enterré pour de bon lors de la Conférence sur l’environnement, en septembre dernier. Deux mois plus tard, ce n’est déjà plus que « non, mais… ». Entre-temps, industriels, experts, économistes et politiques ont mené une intense campagne de pression.
Alors que les États-Unis attribuent leur regain de santé à cette manne fossile, la France tiendrait sa martingale anticrise : le gaz de schiste, c’est le retour de l’énergie pas chère, de la croissance, des emplois, de la prospérité. Au Parti socialiste, des voix s’élèvent pour appeler au « bon sens », à l’unisson d’une grande partie de la droite, du Medef et des médias conservateurs : un trésor se trouverait sous l’Hexagone, et on l’y laisserait ?

Dans une ambiance de propagande pétrolière des années 1960, les spéculations hasardeuses vont bon train, et la tension monte chez les écologistes. L’épouvantail des émissions de CO2 ? Discrètement remisé. À Doha, la communauté internationale a débattu de la crise climatique dans une indifférence ennuyée. En l’espace d’un trimestre à peine, la pensée fossile a connu un furieux regain de vigueur. Il devrait en aller de même dès 2013 pour la guérilla anti-gaz de schiste en France.


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