Leïla Shahid : « Pour la paix en Palestine, il n’y a pas d’autre référent que le droit »

Ambassadrice de Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg, Leïla Shahid était vendredi l’invitée de Politis, dans le cadre de la Semaine anticoloniale.

Denis Sieffert  et  Dominique Vidal  • 7 mars 2013 abonné·es

Devant une salle comble, vendredi 1er mars, à la Maison des métallos, à Paris, et après avoir rendu hommage à Stéphane Hessel, Leïla Shahid a répondu aux questions de Dominique Vidal [^2] et de Denis Sieffert. Nous publions des extraits de cet entretien dont on peut écouter l’intégralité sur le site politis.fr

Le 29 novembre dernier, l’Assemblée générale de l’ONU a accordé à la Palestine un statut d’État observateur. Quelle est la portée de cette décision ?

Leïla Shahid : Aujourd’hui, l’Union européenne a enlevé devant mon nom la mention « Autorité palestinienne », et j’ai accédé au mot « Palestine ». C’est important parce que la Palestine est un pays, une histoire, une mémoire. « Autorité palestinienne » n’est ni un pays, ni une mémoire, ni même un espace, c’est la manière dont nous sommes mentionnés dans les accords d’Oslo [de 1993, NDLR]. Ce qui est important, c’est que le lieu revienne au lieu, le pays au pays. Parce que, à part l’Atlantide, aucun pays n’a disparu pour être remplacé par un autre […]. Le retour de ce nom a une signification forte, pas seulement à cause de l’espace, mais comme tribut et hommage au courage d’un peuple. Pour toutes les familles de Palestiniens, qu’elles soient réfugiées dans les camps, sous occupation militaire ou diasporiques, ça donne un sens à leurs sacrifices. Ce que l’ONU a dit, c’est que la Palestine a une frontière, qui est celle de 1967, elle a une capitale qui s’appelle Jérusalem-Est, et des droits, à l’autodétermination, à la souveraineté, au retour des réfugiés, et ce sont des droits inaliénables. Ce vote n’est pas

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 10 minutes

Pour aller plus loin…

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande
Récit 12 mars 2026 abonné·es

Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande

Le programme nucléaire militaire iranien est au cœur de la rhétorique américano-israélienne pour justifier la guerre contre l’Iran. La campagne de bombardement engagée par le duo Trump-Netanyahou pourrait faire passer le régime dans une autre dialectique nucléaire.
Par William Jean
Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron
Analyse 12 mars 2026 abonné·es

Dissuasion nucléaire : le pari martial d’Emmanuel Macron

Avec la nouvelle dissuasion avancée, Emmanuel Macron met la doctrine française au cœur du débat stratégique européen. Dans un contexte géopolitique instable, cette évolution se veut être une garantie d’indépendance militaire. Une démonstration de force qui montre aussi ses fragilités.
Par Maxime Sirvins
« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »
Entretien 12 mars 2026

« L’arme nucléaire est une arme politique, en aucun cas une arme de champ de bataille »

Dissuasion avancée, intérêts vitaux européens, armes tactiques, désarmement : la chercheuse, Maïlys Mangin, décrypte les ressorts et les limites d’une mise à jour stratégique majeure opérée par Emmanuel Macron dans son discours à l’Île Longue.
Par William Jean
Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump
Monde 11 mars 2026 abonné·es

Au Chili, José Antonio Kast, le nouvel allié de Donald Trump

Le 11 mars, le président sortant Gabriel Boric a passé officiellement la main à l’ultraconservateur José Antonio Kast, après une période de transition conflictuelle au sujet d’un projet de câble sous-marin avec la Chine. Avec ce nouveau gouvernement, Donald Trump renforce son influence en Amérique latine et accentue les conflits dans la région.  
Par Marion Esnault