Ces catholiques choqués par les dérives de la « manif pour tous »

Des associations catholiques dénoncent une déviance politique de l’Eglise depuis le début de la mobilisation contre le mariage pour tous.

Orianne Hidalgo  • 23 avril 2013
Partager :
Ces catholiques choqués par les dérives de la « manif pour tous »
© Photo : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le 13 janvier, à l’occasion de la première grande manifestation des opposants au mariage entre les personnes du même sexe, la fédération « Réseaux du parvis » lançait déjà une pétition dénonçant l’attitude de l’épiscopat français sur la question du mariage pour tous et les dérives discriminatoires engendrées.

Réunissant plus d’une cinquantaine d’associations catholiques progressistes, cette fédération condamne toute implication politique de l’Eglise, au nom du principe souverain de laïcité. La curée que provoque la proposition de loi parmi les gens de droite et à laquelle se joignent volontiers de grandes figures de l’institution catholique, souligne l’aliénation politique de l’Eglise, selon Jean-Pierre Schmitz.

L’Eglise « se laisse manipuler par des mouvements d’extrême droite »

Le président de « Réseaux du parvis », «  refuse d’appeler Chrétiens  » les activistes homophobes, catholiques «  intégristes et fondamentalistes  » issus de «  l’UMP, de l’extrême droite et peut-être pire encore  ». «  Les instances officielles de l’Eglise se laissent manipuler par des mouvements d’extrême droite  », déplore-t-il. En témoigne leur tolérance envers des lobbies comme Civitas. Il blâme la «  faiblesse  » d’une Eglise qui sacrifie son intégrité et son message de tolérance au profit de sa publicité et de son audience.

L’épiscopat serait séduit par l’«  influence médiatique et superficielle  » d’une Frigide Barjot réinventée en porte-drapeau de l’Eglise catholique. Sa prise de position politique aurait-elle autorisé la radicalisation du mouvement jusqu’à conforter certains dans la violence ?  À ce sujet, Jean-Pierre Schmitz s’interroge: «  Si l’Eglise n’a pas condamné de manière plus explicite [les violences], c’est pour ne pas choquer certains fidèles. Ceux-ci pourraient penser que sa position sur le mariage homosexuel a changé.  » 

Si elles laissent à chacun le choix de prendre position selon ses convictions, les associations de « Réseaux du parvis » «  espèrent que le gouvernement ne va pas céder à la pression de la rue  ». Le président de la fédération rappelle que la religion ne doit en aucun cas influencer le vote d’une loi républicaine. «  C’est en transgressant qu’on fait avancer  » conclut-il.

Société
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Associations : l’enjeu oublié des municipales
Enquête 11 mars 2026 abonné·es

Associations : l’enjeu oublié des municipales

Partout en France, des maires se portent au chevet des associations, dont le rôle de lien social est essentiel dans les villes et quartiers populaires. Mais compenser le désengagement de l’État leur est souvent impossible.
Par Lucas Sarafian
Démocratie : « L’éducation populaire a un rôle particulier à jouer »
Entretien 11 mars 2026

Démocratie : « L’éducation populaire a un rôle particulier à jouer »

Présidente de la Ligue de l’enseignement, Hélène Lacassagne alerte sur les risques qui pèsent sur le tissu associatif, pilier de la vie démocratique, et appelle à renforcer son autonomie et sa visibilité.
Par Kamélia Ouaïssa
Quartiers populaires : les associations en danger de « disparition silencieuse »
Analyse 11 mars 2026 abonné·es

Quartiers populaires : les associations en danger de « disparition silencieuse »

Dans les quartiers populaires, elles tiennent à bout de bras les missions que les politiques publiques ne parviennent plus à assurer. Beaucoup redoutent la progression du Rassemblement national, là où la gauche a peu à peu déserté.
Par Kamélia Ouaïssa
Dans le 16e arrondissement de Paris, la mairie continue de proposer un hébergement d’urgence infesté de cafards
Enquête 10 mars 2026 abonné·es

Dans le 16e arrondissement de Paris, la mairie continue de proposer un hébergement d’urgence infesté de cafards

Dans une école désaffectée en plein milieu de cet endroit cossu de la capitale, Aya* et ses enfants vivent au milieu des nuisibles. Alors que la santé des enfants se dégrade, le tribunal administratif, saisi en urgence, a ordonné à la ville de trouver un hébergement salubre pour la famille.
Par Pauline Migevant