Des élites comme les autres

La plupart des dirigeants et patrons socialistes passent par les grandes écoles, où ils forgent des amitiés utiles dans leur carrière. Au risque de remiser les convictions politiques au second plan.

Olivier Doubre  • 11 avril 2013 abonné·es

L’« affaire Cahuzac » est venue confirmer ce que nous savions déjà : le rapport décomplexé à l’argent d’un grand nombre de dirigeants du Parti socialiste. Et sans doute le sentiment d’être au-dessus des lois, telle une caste. Ou une noblesse, fût-elle « d’État », comme l’avait définie en son temps Pierre Bourdieu. « Décomplexé » est d’ailleurs le terme employé devant des journalistes de Challenges, magazine dédié au monde des affaires, par Emmanuel Macron, brillant jeune homme de 35 ans, aujourd’hui secrétaire général adjoint (donc numéro 2) de l’Élysée, passé comme beaucoup de hauts dirigeants socialistes et de patrons de grandes entreprises par Sciences Po et l’ENA. Sorti cinquième de sa promotion, il choisit l’Inspection générale des finances avant de partir « s’amuser » à la banque d’affaires Rothschild. Tout en militant activement – sans complexes non plus, sans doute – au PS, dans le très populaire Pas-de-Calais.

Les allers-retours entre monde des affaires et cabinets ministériels sont de longue date la norme chez les énarques. Ceux-ci choisissent généralement de « miser » sur la gauche ou la droite et, selon les alternances de majorité politique, intègrent les équipes gouvernementales ou retournent à la direction

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Temps de lecture : 7 minutes