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Un Autre Maroc

Abdellatif Laâbi, La Différence, 142 p., 15 euros.

Poète, romancier, intellectuel engagé, et qui a payé son engagement de dix ans de prison dans les geôles d’Hassan II, Abdellatif Laâbi nous livre une réflexion ardente et dynamique sur son pays. Le titre de l’ouvrage dit déjà beaucoup : Un autre Maroc. Ni rêve utopiste ni soumission au principe de réalité, le livre de Laâbi correspond assez bien à une formule empruntée à son ami Abdeljebbar Shimi : arracher « le possible de l’impossible ». Laâbi laisse le désespoir « à ceux qui en ont fait un commerce » et se tourne résolument « vers la réalité présente, sa calamité et ses paradoxes ». C’est tout l’intérêt de ce regard contrasté sur le Maroc qui est aussi un plaidoyer pour la liberté de conscience et pour une laïcité qui ne doit pas être une « hostilité déclarée aux croyances et pratiques religieuses ».

Un siècle d’espoir et d’horreur

Une histoire populaire du XXe siècle

Chris Harman, traduit de l’anglais par Jean-Marie Guerlin, La Découverte, 352 p., 12 euros.

En 2011 était parue, à La Découverte, la monumentale Histoire populaire de l’humanité. De l’âge de pierre au nouveau millénaire, de Chris Harman, écrivain marxiste britannique disparu en 2009. Un livre qualifié par Howard Zinn, l’auteur de la célèbre Histoire populaire des États-Unis, d’unique équivalent de son œuvre mais à l’échelle de la planète. Tentative réussie d’une histoire « par en bas » se mettant au niveau des « vaincus de l’histoire » chers à Walter Benjamin, ou plus précisément des « délaissé-e-s de l’histoire “officielle” », ce travail de Chris Harman témoigne d’abord de la certitude de son auteur qu’aujourd’hui encore ceux-ci conservent toutes leurs « potentialités révolutionnaires ». Son éditeur français a choisi ici d’en rééditer à part l’ultime partie consacrée au XXe siècle, entre espoir de changer le monde et horreur de la violence de masse. Un ouvrage considérable à tous points de vue.

Benchmarking

L’État sous pression statistique

Isabelle Bruno et Emmanuel Didier, La Découverte/Zones, 216 p., 18 euros.

Derrière ces fléaux du secteur public que sont le suicide des fonctionnaires et la déshumanisation de l’administration, il y a la stratégie du benchmarking  : un instrument « de domination qui consomme la liberté, la créativité, la subjectivité » et qui «   ne connaît pas de frontières ». Les chercheurs en politique sociale Isabelle Bruno et Emmanuel Didier démontrent comment, appliquée à l’État, cette procédure managériale asphyxie les secteurs sociaux sous le diktat de la compétitivité, de la performance et du résultat.


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