« Tous les grands médias se ressemblent. On ne les croit plus »

Jihed, Badroudine et Mehdi, trois jeunes journalistes livrent leurs regards sur la crise politique et médiatique actuelle. Sans concession.

Jean-Claude Renard  • 18 avril 2013 abonné·es

Jihed Ben Abdeslem a tout juste 21 ans, inscrite en quatrième année à Sciences Po. Badroudine Abdallah, dit Badrou, et Mehdi Meklat ont 20 ans. Après leur bac, ils ont décidé de se consacrer à l’écriture. Tous participent au Bondy Blog, site d’information en ligne rassemblant une vingtaine de journalistes débutants. Les deux garçons collaborent également depuis septembre 2009 à l’émission de Pascale Clark, « Comme on nous parle », sur France Inter, à travers des reportages mêlant journalisme et création sonore. À plus d’un titre, ils ont leur propre regard sur la crise politique majeure actuelle. Un regard plus ou moins désolé, plus ou moins désillusionné, ou défiant. « On pourrait être étonné de ce qui se passe, estime Jihed. Ça me désole, mais ça ne m’étonne pas. On a tellement l’habitude d’autres cas dans d’autres démocraties, comme en Italie. Le système est démocratique en apparence, nos droits sont respectés, on est protégés, cela n’enlève pas les scandales d’un monde malade. » Du haut de ses deux décennies, Mehdi a déjà pris ses distances : « Je n’ai jamais cru en la politique, même si je la suis tout le temps. Je la considère comme un spectacle. Je ne l’ai jamais prise au sérieux. Quand on a pu suivre un candidat lors de la dernière présidentielle, on a toujours pris cela comme un jeu, où chacun est acteur et joue son propre rôle. Non pas acteur de terrain, mais acteur de cinéma. J’ai toujours le sentiment d’une tromperie, ce qui ne m’autorise pas à croire à la morale politique. »

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Temps de lecture : 9 minutes