Licencier plus pour gagner plus
Une proposition de loi des députés du Front de gauche, visant à interdire les licenciements boursiers et les suppressions d’emplois abusives, est examinée le 16 mai à l’Assemblée. En dépit des pratiques choquantes de nombreuses multinationales, elle n’a aucune chance d’être adoptée : les députés socialistes ont rejeté le texte.
dans l’hebdo N° 1253 Acheter ce numéro
Signe que le groupe pharmaceutique Sanofi se porte bien en période de crise financière et de mesures d’austérité, ses actionnaires se partageront cette année 3,6 milliards d’euros de dividendes. L’un d’eux, l’Établissement de retraite additionnelle de la fonction publique (Erafp), s’étonne que la rémunération des actionnaires « ait augmenté plus de deux fois plus rapidement que la rémunération des salariés ». Éric Loiselet, président du comité de suivi de la politique de placement de l’Erafp, ajoute que « le taux de distribution [des dividendes] est anormalement élevé (74 % contre 55 % dans le secteur) par rapport aux autres entreprises du secteur et ne se justifie pas par un effet de rattrapage au regard des exercices précédents ». Éric Loiselet en déduit que, « dans le triangle actionnaires, salariés et investissement d’avenir, il apparaît clairement que la direction de l’entreprise privilégie les actionnaires ». Et ce choix pèse sur les salariés. Les dirigeants de Sanofi ont engagé en France un plan de restructuration qui prévoit d’ici à 2015 la suppression de 914 emplois. Trois syndicats – CFDT, CGT et SUD-Chimie – dénoncent cette « stratégie financière du groupe qui se traduit par