Municipales, scrutin crucial : le live de Politis

Édition spéciale : suivez le direct de Politis ce 15 mars pour comprendre les enjeux du premier tour des municipales et posez vos questions sur notre compte Instagram.

Politis  • 15 mars 2026
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Municipales, scrutin crucial : le live de Politis
© Arnaud Jaegers / Unsplash

Six ans qui sonnent comme une éternité. En 2020, dans un contexte marqué par la crise du covid-19 et une très forte abstention, les Écologistes avaient créé la surprise aux élections municipales en remportant, dans le sprint final, plusieurs grandes villes, dont Lyon et Strasbourg. Le Printemps marseillais avait fleuri sur la cité phocéenne et le Parti socialiste (PS) avait su garder de nombreuses métropoles dans son giron.

L’extrême droite, elle, avait conquis certaines communes, comme Perpignan, Moissac (Tarn-et-Garonne) ou Bruay-La-Buissière (Pas-de-Calais), mais son bilan demeurait plus que mitigé. La France insoumise, moins forte à l’échelle locale, s’était surtout alliée à des initiatives citoyennes. Sa stratégie de soutien et d’implantation dans les quartiers populaires s’installait petit à petit.

Six ans plus tard, le paysage politique a considérablement changé. Le Rassemblement national (RN) pourrait se hisser en très bonne position pour remporter de nombreuses communes, comme Lens la rouge ou Toulon la droitière, celle-là même où le Front national (FN), en 1995, avait implosé en plein vol, perturbé par de fortes turbulences judiciaires. Atone et exsangue politiquement, la Macronie n’existe plus.

Quant à la gauche, elle reste divisée dans de très nombreuses communes. Et se décompose, ici à Lille ou à Vaulx-en-Velin, en conflit ouvert, ou en sourdine, comme à Evry. Pour cause : lorsque la mairie sortante est de droite, la gauche n’apparaît unie que dans une seule ville : Beauvais. Constante depuis 2020, une dynamique se confirme en 2026 : l’attrait pour les listes citoyennes. Un phénomène qui souligne l’affection des non-professionnels de la politique pour la chose publique. Mais aussi une volonté affirmée de renouvellement.

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Une fois n’est pas coutume, Politis est sur le terrain. Votre média indépendant, qui couvre ces élections depuis plusieurs semaines partout en France, organise un live depuis Toulon, Lens, Beauvais, Paris et ses QG. Sur Instagram, notre canal permet de poser toutes les questions que vous voulez. À la rédaction, les journalistes sont aussi là pour recueillir les témoignages et rappeler les contextes locaux. Et depuis samedi matin, tous les articles relatifs à ces élections sont en accès libre. C’est parti !


Fin du direct pour la team Politis

On se retrouve dès lundi pour vous envoyer nos articles de décryptage et le suivi de la campagne d’entre-deux-tours. D’ici à là, retrouvez tous nos articles sur les municipales en accès libre sur notre site.


Pour une « convergence », Sophia Chikirou attend l’appel d’Emmanuel Grégoire

Dans le 10e arrondissement de la capitale, la candidate insoumise, Sophia Chikirou, a pris la parole. Avec un score annoncé aux alentours de 13 %, la formation insoumise se qualifie au deuxième tour. Un léger « yallah » en guise d’introduction, la candidate se félicite de son score : « Paris confirme la percée de la France insoumise durant ces municipales et nous serons présents dans de nombreux conseils municipaux. »

(Photo : William Jean.)

Concernant une possible alliance avec le candidat socialiste, Emmanuel Grégoire, arrivé en première position, Sophia Chikirou dit « attendre l’appel » du candidat socialiste et pose un ultimatum jusqu’à lundi soir pour une union.


À Lyon, la France insoumise prête à une « fusion technique »

Municipales 1er tour Lyon estimations

La déclaration de la tête de liste insoumise, Anaïs Belouassa-Cherifi, proposant une « fusion technique » avec le maire sortant écologiste, Grégory Doucet, arrivée en tête, pourrait bien faire de l’ombre à la candidature de la droite et du centre, Jean-Michel Aulas.

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Tours, le maire écolo et unitaire devrait sortir en tête

Dans la préfecture d’Indre-et-Loire, les résultats tardent à arriver. Mais personne ne panique. Au contraire. Ces petits retards sont presque une tradition dans la ville. Selon les premières projections, le maire écolo Emmanuel Denis se placerait en première position. L’édile recueillerait près de 35 % des voix. Christian Bouchet, le candidat du Parti radical de gauche et ancien président de l’Olympique de Marseille au début des années 2000, obtiendrait plus de 20 % des voix.

Qui sera troisième ? Le macroniste Benoist Pierre se placerait devant l’eurodéputé Rassemblement national (RN) Aleksandar Nikolic ou l’insoumise Marie Quinton, adjointe d’Emmanuel Denis et suppléante du député écolo du coin Charles Fournier. La candidate mélenchoniste serait en capacité de se maintenir.

Ce potentiel score influera-t-il sur les négociations autour d’une fusion ? Emmanuel Denis, unitaire parmi les unitaires, souhaite fusionner. Les discussions devraient commencer prochainement. En attendant, son cabinet, rejoint par le député Charles Fournier, scrute les résultats, bureau de vote par bureau de vote.


À Paris, Rachida Dati fait des appels de phare à Sarah Knafo

La candidate de la droite Rachida Dati s’est exprimée quelques minutes après l’annonce des estimations. Créditée de 24,8 % derrière Emmanuel Grégoire (36,4 %), elle a consacré sa première prise de parole à dénoncer le bilan de la gauche à Paris, et a appelé à l’union contre la « gauche radicale ». Une main tendue à peine cachée vers l’électorat de la candidate Reconquête !, Sarah Knafo (9,9 %).


Lens a eu chaud mais reste socialiste

Un surnommé « H », professeur, la cinquantaine, exulte de joie dans l’hôtel de ville où le maire vient d’annoncer sa réélection dès le premier tour, avec 50,73 % des voix. « C’est les corons, c’est la famille, on n’a rien mais on a un grand cœur. » Ici, dit-il, « on dit bonjour à tout le monde et si t’es dans la merde je vais t’aider ».

À côté de lui, Valérie, aide à domicile pour personnes âgées, renchérit. Elle évoque « deux foyers pour les personnes en galère, ouverts par la mairie » qui font penser aux « gens » qu’il y a « de l’insécurité ». « Mais ces gens-là qui ont pas de travail on les côtoie tous les jours et on les mettra pas dehors ! », s’exclame-t-elle. Son mari, Philippe, retraité, est plus discret mais il est « content » car son « père était ouvrier et j’avais pas envie que ça bascule ».

Pendant la campagne, tous ont eu peur que le RN arrive en tête. Mais le vote a parlé et le candidat d’extrême droite, « le parachuté » comme ils le nomment, a perdu. « Parce qu’ici on est solidaires et on est deuxièmes du championnat », poursuit « H », toujours exalté, en parlant du club de foot qui fait la fierté de la ville, et dont certains dans la salle arborent les vêtements.


À Limoges, deux listes de gauche face à la droite et le RN

Pression sur la liste portée par les socialistes, les communistes et Place publique. Dans la ville de la Haute-Vienne, la liste portée par les insoumis, Génération·s et Les Écologistes arrive en deuxième position devant le candidat LR, Guillaume Guérin (27,3 %), avec un bon score à plus de 24 %. Que va faire l’autre liste de gauche, alors que le candidat RN se qualifie aussi au second tour à 12,5 % ?

Municipales Limoges 1er tour estimations

À Beauvais, la marche est haute pour Roxane Lundy

C’est la seule ville de droite où la gauche est unie pour l’emporter. Selon les premières estimations, cette dernière se situe en deuxième position avec 32,8 %, loin des 43,5 % pour le maire sortant, Franck Pia, et surtout avec un Rassemblement national assez haut, réunissant 17,2 % des voix.


Paris : Emmanuel Grégoire largement en tête

Au QG des insoumis, à Paris, l’estimation de Sophia Chikirou aux alentours de 12 % ravit les militants. D’autres espèrent aussi que Sarah Knafo, candidate Reconquête, et créditée à moins de 10 %, soit bien en-dessous du seuil du second tour.


Marseille, le séisme

Si les estimations d’Ipsos montrent, indéniablement, des résultats extrêmement serrés, mais aussi très provisoires, le séisme est d’ampleur à Marseille. La liste portée par le maire sortant, Benoît Payan, est au coude à coude avec celle du candidat d’extrême droite, Franck Allisio, avec 35,4 %. En troisième et quatrième position, l’insoumis Sébastien Delogu et la présidente de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, classée divers droite, Martine Vassal, tous deux à 12,3 %.


À Toulon, la gauche absente au second tour, le RN avec Laure Lavalette largement en tête

On ne peut que retenir un chiffre : la proche de Marine Le Pen, Laure Lavalette, dépasse allègrement les 40 % à Toulon. Au sein de son QG, les sourires et les applaudissements sont de sortis. Aucun militant, uniquement ses proches collaborateurs et des journalistes. Dans une courte allocution, elle s’attaque frontalement à la maire sortante, de droite, qu’elle diabolise comme proche de « la gauche et des partis parisiens qui veulent fausser les intentions des électeurs ». Elle le répète : « Je suis le rempart de la gauche à Toulon » et appelle clairement les électeurs « de droite et de centre droit » à voter pour sa candidature. Un appel du pied très clair aux électeurs de Michel Bonnus, LR, qui arrive en troisième position avec environ 15 % des suffrages. C’est ces électeurs qui feront sans doute basculer le deuxième tour.

(Photo : Pierre Jequier-Zalc.)

La gauche, elle, s’effondre. Aucune liste ne sera au second tour, Magali Brunel n’atteignant pas la barre fatidique des 10 %. Un échec cuisant pour celle qui espérait jouer les troubles-fête dans la préfecture du Var, historiquement très à droite. Plusieurs sources locales analysent ce faible résultat (environ 8 %) comme un vote utile, dès le premier tour, pour Josée Massi. À voir, désormais, si le barrage républicain fonctionnera alors qu’il suffira que de quelques points de pourcentage supplémentaires pour que le RN emporte la plus grande ville du Var.


L’insoumis David Guiraud frôle les 50 % à Roubaix

C’était l’une des villes à fort enjeu pour la France insoumise. Le député David Guiraud se place en première place avec une avance très confortable, cumulant 46,5 % des voix. Le maire sortant obtiendrait 20,3 % des suffrages. L’autre liste de gauche unie hors-LFI, menée par Karim Amrouni, arriverait à la dernière marche du podium avec 16,7 %. Mais le RN est aussi qualifié pour le second tour en ayant reçu 12,2 % des voix. La quadrangulaire est donc au rendez-vous pour le 22 mars.


À Lens, le maire sortant PS réélu au premier tour


La quadrangulaire lilloise

C’est le mot qu’on utilise quand il y a quatre candidat·es qualifié·es au second tour d’une élection. En l’occurrence, à Lille, où l’on vous racontait la bataille assez unique tant la gauche était favorite, le candidat soutenu par le PS et le PCF, Arnaud Deslandes, atteindrait 26 %, suivi de très près par la candidate insoumise, Lahouaria Addouche, avec 25 %. L’écologiste Stéphane Baly, est en troisième position, avec 16,2 % selon les premières estimations. La députée macroniste, Violette Spillebout, se qualifie aussi, donc, avec 12,5 %. Que va faire le candidat écologiste ? Soutenir LFI ? Se ranger derrière le PS ? Les négociations commencent…


Le Havre : la gauche ne double pas Édouard Philippe

L’ancien premier ministre avait conditionné sa candidature à l’élection présidentielle, en fonction de son résultat aux municipales. Selon les premières estimations, Édouard Philippe arrive en tête avec près de 44 % des bulletins, contre 33.3 % pour la liste du communiste, Jean-Paul Lecoq, qui rassemblait les composantes de la gauche hors-LFI. Le Rassemblement national se qualifie aussi avec 12 % des voix.


Dès le premier tour…

Perpignan, Louis Alliot reconduit

Le cadre du Rassemblement national dépasse de quelques dixièmes de points les 50 % et est donc réélu dès le 1er tour. Le risque d’une condamnation potentielle à de l’inéligibilité, dans l’affaire des assistants parlementaires du FN-RN, n’a rien changé dans cette ville des Pyrénées-Orientales.

Calais : Natacha Bouchart sans difficulté

Loin devant. Natacha Bouchart, la maire sortante, frôle les 60 % des voix exprimés. En deuxième position arrive le Rassemblement national. La gauche arrive très loin derrière, avec 5,4 et 4,1 % des voix, selon les premières estimations.


À Beauvais, les premiers résultats tombent

19 h 45 et les résultats des premiers bureaux de vote commencent à tomber à Beauvais. Dans la quasi-totalité, le candidat de la mairie sortante, Franck Pia, est en tête. À quelques dizaines de voix derrière lui, la liste de Roxanne Lundy le talonne. Excepté pour un bureau de vote, où la candidate d’union de la gauche devance le maire de centre-droit d’une poignée de voix. « Je suis déçue du peu de participation », regrette Luc, militant pour la liste « Beauvais en mieux », conduite par la candidate Génération.s. Pour le retraité, l’écart, a priori assez faible, pourra être rattrapé au second tour : « Il va falloir se mobiliser. »


À Toulon, le front républicain existera-t-il ?

Les bureaux de vote ont fermé, le dépouillement commence. Dans un bureau de vote du centre, marqué à droite, les bulletins au nom de Laure Lavalette défilent, tout comme ceux de la candidate sortante, Josée Massi. La candidate du RN s’exprimera en premier, à 20 h 30, dans son QG. Mais, la question qui reste en suspens est celle de la constitution d’un éventuel front républicain. Pour cela, il faudra guetter la prise de parole de Magali Brunel, à la tête d’une union de la gauche hors LFI. Celle-ci affirmait, avant les résultats, qu’elle ne se retirerait pas, privilégiant la constitution d’une liste d’union avec la maire sortante.

(Photo : Pierre Jequier-Zalc.)

Avant même les résultats, celle-ci a publié un communiqué appelant à l’union des listes : « Nous tendons la main à Josée Massi et à ses colistiers pour ouvrir, sans attendre, un dialogue avec nous en vue d’un rassemblement clair et responsable. » Mais déjà, dans son camp, des pressions commencent : « Si elle se maintient coûte que coûte, elle risque de faire gagner Lavalette. Ce sont des milliers de vie qui seront impactées par cela. On ne peut pas jouer avec les vies des gens », souffle Elsa Nordini, responsable du collectif LGBTQIA+ fiertés Toulon (CFT). La prise de parole de Magali Brunel est attendue vers 21 h 30. Celle de la maire sortante, à la mairie, à 22 h.


Incidents à Paris et Marseille

La France insoumise dénonce à Paris et à Marseille l’inversion des bulletins de vote. Depuis la réforme de 2025, Paris, Lyon et Marseille votent deux fois aux élections municipales : pour les élus des arrondissements ou de secteurs et pour les élus de la mairie centrale. Dans deux communiqués différents, LFI fait état d’une inversion des bulletins, ce qui rendrait « nul » le vote. Une demande a été déposée auprès de la préfecture pour que ces votes soient comptabilisés.

Communiqué de presse de la France insoumise à Paris.

À Beauvais, un dépouillement dans un contexte tendu

À Beauvais, les derniers électeurs se pressent pour aller glisser leur scrutin dans l’urne. Dans le quartier Saint-Jean, l’un des trois quartiers prioritaires de la ville, ils étaient 48 % d’inscrits à s’être rendus dans les bureaux de vote de l’école maternelle Pablo Picasso à 17 h 30. Pourtant, rares sont ceux à souhaiter s’exprimer sur cette campagne municipale au contexte tendu. (Dans la nuit du vendredi au samedi, Meissa Hanaty, une des colistieres de Roxanne Lundy a porté plainte pour agression contre l’un des soutiens de Frank Pia, qui l’aurait frappée à coups de balais lors d’une dernière séance de collage d’affiches.)

(Photo : Alix Garcia.)

Quelques kilomètres plus loin, à la sortie des bureaux de vote de l’agglomération du Beauvaisis, Kevin déplore l’existence de « guéguerres » entre les listes et dénonce une campagne insuffisamment axée sur les enjeux locaux. « Moi, je m’intéresse à la personne qui aura les épaules pour devenir le prochain maire de Beauvais », déclare celui qui imagine un duel Pia-Lundy au second tour. À 18 h, la sirène retentit. Le dépouillement peut commencer.


Lens : « Je ne sais pas si l’extrême droite, ça va changer quelque chose »

(Photo : Pauline Migevant.)

« Même ici ? » s’étonne Sofia* en apprenant que Lens pourrait basculer dans l’escarcelle du RN. La jeune femme en études d’informatique, algérienne, vit depuis 2 ans à Lens, « une ville grise et calme ». « De toute façon, lâche-t-elle, le racisme il est déjà là. » L’étudiante qui porte le voile « n’a pas eu de soucis » à l’université. Mais elle a entendu que certaines de ses camarades, s’étaient vu demander d’enlever leur voile pour entrer en TD. « Je ne sais pas si l’extrême droite ça va changer quelque chose. Mais peut être que ce sera plus chaud encore… », lâche-t-elle.

*

Prénom changé.


Second tour et tractations nocturnes

Après le premier tour, certaines municipalités vont se retrouver avec des triangulaires, quadrangulaires, voire quinquangulaires pour élire leurs maires. Dès ce soir, les tractations entre les partis vont démarrer et sans doute se prolonger tard dans la nuit et probablement demain aussi toute la journée. Avec une question centrale pour la gauche et les écologistes : dans les villes de reconquête ou de conquête comme Limoges, Le Havre ou Toulouse, les listes d’union de la gauche sauront-elles s’entendre avec les insoumis ? Les socialistes ou les écologistes sortants tendront-ils la main aux insoumis s’ils sont en tête des scrutins (Lyon, Marseille, etc.) ? Insoumis et écologistes seront-ils tentés par des accords sans les socialistes pour faire tomber leur mairie, comme à Lille par exemple ?

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Les candidats ont jusqu’à mardi 17 mars 18 h pour déposer leurs listes, fusionnées ou non. Dans ce cadre, une alternative a été proposée par les insoumis qui consiste, sans accord politique, à faire une fusion « technique » des listes : il s’agit pour les listes qui sont en situation de se maintenir (il faut faire plus de 10 %), de regrouper leurs candidats sur une seule liste, afin d’augmenter leurs chances de gagner. C’est une fusion stratégique, souvent négociée entre les tours, avec répartition des places sur la nouvelle liste.


Paris : l’attente pour Emmanuel Grégoire

Devant la Rotonde de Stalingrad dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, la presse fait les cent pas sur le parvis. C’est dans un restaurant-club branché du nord-est parisien que le favori socialiste Emmanuel Grégoire a décidé de poser ses bagages pour sa soirée électorale. Les équipes s’affairent pour tout préparer alors que les premiers résultats sont attendus à 20 h. L’héritier d’Anne Hidalgo devra-t-il faire « chauffer le téléphone » pour convenir d’une alliance au second tour en cas de score élevé de la France insoumise ? Pour l’heure, Emmanuel Grégoire se montre confiant. Selon le ministère de l’Intérieur, les chiffres de participation parisienne s’élèverait à 44,01 % à 17 h.


À Mulhouse, un colistier d’extrême droite sera jugé pour un salut nazi

Les doigts serrés, le bras tendu. Le geste, qui a provoqué l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Mulhouse pour ses ressemblances avec un salut nazi, a été réalisé par Anthony Thoma, colistier sur une liste d’extrême droite proche de Reconquête !, le 8 mars. L’intéressé, qui nie les faits, comparaîtra devant le tribunal correctionnel le 11 mai pour le chef d’apologie de crime contre l’humanité, apprend-on de France 3 Grand Est.


À Tours, la tournée des popotes en électrique s’achève

Dans la préfecture d’Indre-et-Loire, le maire écolo Emmanuel Denis vient de terminer sa tournée des bureaux de vote. Entre-temps, il a rangé son vélo pour conduire une Renault Zoe, une voiture électrique. Le soleil se couche un peu et aucun incident majeur n’a été relevé. Après avoir arpenté toute la journée les gymnases, les écoles ou les crèches, le maire doit désormais attendre les résultats du scrutin. Ensuite, lui et son équipe stratégique devront répondre à certaines questions dans la nuit. Comment fusionner avec les insoumis qui font bande à part ? Est-ce que le score de la droite de l’ancien maire et ex-président de l’Olympique de Marseille Christophe Bouchet sera important ? Est-ce que la stratégie d’isolement de La France insoumise (LFI) aura eu un fort impact ? En 2020, Emmanuel Denis avait recueilli 35,6 % des suffrages ; Bouchet 25,6 %.


La politique de la chaise vide

Le siège de mon collègue journaliste politique est bien vide… C’est normal : Lucas Sarafian est à Tours où il suit le maire sortant écologiste, Emmanuel Denis. Depuis des semaines, il enchaîne les papiers pour décrypter les enjeux de cette élection, notamment à gauche. Il y a encore 48 heures, il était à Lille, où se joue une bataille toute particulière. On vous en dit plus ici.


À Lens : « Moi ce qui m’inquiète, c’est qu’il y avait personne dans le bureau de vote »

Paule, 79 ans, sort tout juste du bureau de vote, à Lens. « Mon père me disait toujours : “on s’est battus pour ce droit, il faut l’utiliser”. Moi ce qui m’inquiète, c’est qu’il y avait personne dans le bureau de vote ». Et la possible victoire du Rassemblement national ? « Bah, c’est peut être la faute des autres aussi », lâche celle qui ne dit pas quel bulletin elle a mis dans l’urne. Les « autres », c’est la mairie actuelle dirigée par Sylvain Robert (PS) depuis 2013. Paule se souvient avoir emménagé dans une « ville qui était très commerçante, avec une très belle rue piétonne ».

Si les commerces ont fermé les uns après les autres, pense-t-elle, c’est à cause du « stationnement payant ». D’un bras qui montre la rue vide de passants, elle déplore « la ville qui meurt de ce côté-ci. Et de l’autre, près du stade, c’est une ville nouvelle qui n’a plus rien à voir avec les maisons Art déco ». Ça l’attriste, mais plus pour très longtemps. Dans une poignée de semaines, elle quittera bientôt Lens pour s’installer à Calais et se rapprocher de ses enfants.

Devant le bureau de vote, Eve, elle, 20 ans, attend que ses parents sortent. Frange dernier cri et foulard fashion autour du cou, Eve a grandi ici. Elle cherche un emploi et à monter son entreprise dans le domaine de la mode. Eve trouve ça important de voter : « Pour le droit des femmes » dit-elle. Le risque de bascule RN lui fait peur « clairement, avec tout ce qu’ils font ailleurs ». Autour d’elle, un tas de gens ne vont pas voter, « par flemme » ou parce que « de toute façon c’est le RN qui va passer ».

Annie a 76 ans, dont 16 de vie commune avec son chien, un dénommé Cookie, qui frétille au bout de sa laisse pendant qu’elle opère son tri sélectif. La politique, elle ne veut « pas en parler ». Elle nous lâche quand même qu’elle est allée voter. Ce qu’elle tient surtout à dire, c’est que « si c’était à refaire », elle ne se serait pas mariée. Pour suivre son époux, elle a quitté son « terter », une commune près de Rambouillet pour s’installer ici, dans le bassin minier. Et 48 ans plus tard, elle ne s’y « fait pas ».

Son mari, un ancien prof dont elle s’occupe depuis 18 ans parce qu’il est malade, parle toujours de l’Éducation nationale, peu importe que « ça fasse 15-20 ans qu’il est en retraite ». Parfois, elle aimerait parler d’autre chose, de son jardin par exemple, dans lequel elle met beaucoup d’énergie. Cookie veut se tirer, Annie hausse les épaules : dans cette vie « pas toujours facile », ce ne sont pas les élections qui la préoccupent le plus. Quant au maire, lâche-t-elle quand même, elle espère « qu’il repassera, même s’il a ses défauts ».


Calais : dans la ville-frontière, la droite favorite

Imaginez un Calaisis démilitarisé, des conditions d’accueil dignes, des associations respectées. C’est ce que promettent les listes de gauche qui s’affrontent, désunies, face à la maire sortante divers droite et ultra favorite, Natacha Bouchart, dans cette ville du Pas-de-Calais. Un sondage Ifop publié le 6 mars annonçait même une potentielle qualification de l’édile dès le 1er tour. Notre journaliste, Pauline Migevant, a interviewé Juliette Delaplace, 2e sur la liste « Calais à gauche toute » cette semaine. L’associative revenait sur cette volonté collective de changer Calais.


Édouard Philippe en tête au Havre

Municipales premier tour résultats Le Havre

À Lens, le RN peut-il l’emporter ?

Sylvain Robert (PS) face à Bruno Calvet (RN). Le match ressemble à celui de 2020. Aux dernières municipales, Sylvain Robert, maire de Lens depuis 2013, remportait dès le premier tour face à Bruno Calvet avec 52 % des voix. Une situation qui pouvait étonner, au vu des scores croissants de l’extrême droite dans le bassin minier. Jusque-là, ces succès électoraux au niveau national se traduisaient peu aux élections locales : le RN ne dirigeant que 2 des 251 communes du bassin minier.

Comme l’écrit Pierre Wadlow, chercheur en science politique, ce qui s’est joué en 2020 à Lens s’inscrit dans une dynamique qui a « longtemps favorisé la gauche, en dépit de la progression du RN aux élections présidentielles ». À savoir, l’opposition entre un « candidat socialiste, présenté comme un “gars du coin”, et le candidat frontiste, souvent décrit comme un “parachuté” ». Mais depuis 2020, le contexte a évolué. Car entre temps Bruno Calvet a été élu député de la circonscription en 2024, lui donnant un ancrage local qu’il n’avait pas alors. Cela suffira-t-il à l’extrême droite pour remporter la mairie ? « Rien n’est écrit », souffle une cadre du PS à Politis.


À Tours, le maire fait du vélo

À Tours, le maire écolo Emmanuel Denis et une partie de son équipe font le tour des bureaux de vote, chevauchant un vélo électrique. Objectif de la mission en cette journée ensoleillée : vérifier s’il n’y a aucun incendie et jauger les taux de participation. Après un petit passage dans les bureaux de vote du quartier populaire du Sanitas, la petite bande passe dans les sept bureaux de l’école élémentaire de Velpeau, la participation est importante. Le maire serre des mains, on le salue.

À la sortie, une électrice lui lance : « J’espère que vous allez gagner. » Faut-il y voir un signe ? Le maire lui dit quelques mots. Dans cette préfecture d’Indre-et-Loire, Emmanuel Denis semble plutôt serein. En 2020, il avait gagné la ville en portant une très large union de la gauche, des socialistes aux insoumis, en passant par Place publique, les verts, les communistes et divers collectifs citoyens. Cette année, l’heure est à la division. Comme partout en France (sauf Beauvais), les insoumis font bande à part. C’est l’adjointe Marie Quinton, chargée du logement, qui porte sa propre liste face à l’édile.


48,90 % : la participation à 17 h, selon le ministère de l’Intérieur

C’est 10 points de plus qu’en 2020 (dans un contexte de faible mobilisation liée au covid) mais en très nette baisse par rapport aux municipales de 2014, qui sont sans doute le point de référence plus significatif. Ce midi, la participation dans les villes de plus de 100 000 habitants connaissait une plus forte augmentation, comme à Paris (+ 12 points par rapport à 2020 et + 6 par rapport à 2014), Marseille ou Lyon. Selon un sondage publié cet après-midi, la participation de ce soir, après la fermeture des bureaux de vote, pourrait s’élever à 57,6 %, soit un résultat très en-deçà des prévisions sondagières qui prévoyait une mobilisation historique pour beaucoup d’instituts. Depuis plusieurs décennies, la participation ne cesse de décroître quand, dans les années 80, le taux de participation aux municipales s’élevait à 80 %.

Les résultats dans tous les départements :


Mode de scrutin, parité, sénatoriales : explications en vidéo


On vote plusieurs fois à Paris (comme à Lyon et Marseille)

À deux pas de la mairie du 18ᵉ arrondissement, une petite école maternelle s’est transformée en bureau de vote pour le premier tour des élections municipales. Ici, la réforme du mode de scrutin – pour Paris, Lyon et Marseille – est mise à l’épreuve. Un bureau de vote, mais deux salles et deux urnes. L’une pour le conseil municipal et l’autre pour la mairie d’arrondissement. Pour que les votants ne soient pas déboussolés, un jeune homme indique d’un geste de la main et en quelques mots qu’il faut voter deux fois.

Après une forte affluence entre 11 h et 14 h, les équipes du bureau de vote s’attendent à la vague de 17 h. Pour l’heure, la participation est très haute avec plus de deux-tiers des inscrits ayant déjà voté. Dans cet arrondissement, le socialiste Éric Lejoindre brigue un troisième mandat à la tête de la mairie. Il fait face notamment à la députée insoumise Danièle Obono, candidate à la mairie d’arrondissement, réélue dans cette circonscription en 2024 avec 64 % des voix dès le premier tour des législatives.


À Lens, un premier tour serré

Lens est connu pour son club de foot. Mais ce soir, dans cette ville du Pas-de-Calais emblématique du bassin minier, un autre match se joue, celui des municipales. Trois listes en tout : une liste d’union de la gauche, menée par Sylvain Robert, maire de la ville depuis 2013. Face à lui, Bruno Calvet, candidat RN devenu député en 2024. Et une troisième liste qui s’est immiscée début mars, celle de Lutte ouvrière. Entre les deux premiers, le résultat s’annonce serré. À l’issue des élections, la ville de 33 000 habitants, dirigée par la gauche depuis plus d’un siècle, pourrait bien basculer à l’extrême droite.


Beauvais : l’union inédite

Beauvais municipales Roxane Lundy
Affiches électorales de Roxane Lundy, à Beauvais (Oise). (Photo : Alix Garcia.)

À Beauvais (Oise), ville de 55 000 habitants, la reconduction du maire sortant Franck Pia est menacée par la candidature de Roxanne Lundy, tête de liste d’une union de la gauche quasi inédite, qui rassemble du Parti socialiste (PS) et Place publique (PP) jusqu’aux insoumis. Dans cette commune aux mains de la droite depuis un quart de siècle, Caroline Cayeux, maire de 2001 à 2022, avait été réélue dès le premier tour des élections municipales de 2020, avec 50,75 % des voix.

En 2026, l’issue du scrutin devrait néanmoins se jouer au second tour. D’après un sondage réalisé par Cluster 17 pour Le Courrier Picard, les Beauvaisiens pourraient se retrouver face à une triangulaire entre les listes menées par Franck Pia (UDI), Roxanne Lundy (Génération.s) et Claire Marais-Beuil (Rassemblement national).


À Toulon : le risque du Rassemblement national

Le RN a coché la plus grande ville du Var comme un de ses objectifs prioritaires des municipales. Pour ce faire, c’est Laure Lavalette, députée RN, qui brigue la mairie dans un scrutin qui s’annonce particulièrement serré.

La stratégie de la très proche de Marine Le Pen est simple : se démarquer de son parti. Sa liste, « Un avenir pour Toulon », n’est pas officiellement RN. Le logo du parti à la flamme n’est ni sur les tracts, ni sur les affiches. « Elle a tout fait pour lisser son image, mais il ne faut pas se laisser avoir, elle est dangereuse. Très dangereuse », note Manon Magagnosc, de l’union départementale CGT 83.

La syndicaliste espère que « les Toulonnais ont de la mémoire », manière d’évoquer le premier mandat catastrophique du parti à la flamme à la fin des années 90. « C’est sans doute aussi pour cela que le logo du RN a disparu de la campagne. Mais les gens ne sont pas dupes », assure celle qui, avec son syndicat, regrette la division des partis de gauche dans de nombreuses communes du département.

Lavalette RN Toulon
Tract de Laure Lavalette (RN), à Toulon. (Photo : Pierre Jequier-Zalc.)

À Toulon, LFI fait cavalier seul, tandis qu’une autre liste d’union des gauches (PS, PC, EELV notamment) se présente et espère atteindre le second tour. « Ces divisions ont créé une déception dans nos rangs. Le risque est immense, mais les intérêts individuels et nationaux ont pris le pas sur l’intérêt collectif, notamment dans le Var où on connaît le risque. »

Aux dernières législatives, le candidat Renaissance l’avait emporté d’une courte tête devant le RN, bénéficiant du front républicain. Cela se reproduira-t-il aux municipales ? La gauche acceptera-t-elle de disparaître au profit de Josée Massi, maire sortante de droite et principale rivale de Laure Lavalette ? « Nous appellerons à la discussion avec tous les républicains après le premier tour », assure seulement Magali Brunel, à la tête de « Toulon en commun », la liste d’union des gauches. Laure Lavalette, elle, espère bénéficier de la division à gauche comme à droite (qui présente deux listes) pour l’emporter dès le premier tour. Ce serait un raz-de-marée.

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