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Meurtre de Clément Méric : «Honte à ceux qui prétendent que les extrêmes se valent»

«Combien de propos insultant la résistance antifasciste allons-nous
supporter ?» Une tribune de Thierry Lodé.

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«Clément venait d’être massacré quand certains ont ouvert leurs
commentaires.
Il y a eu bien sûr la parole des professionnels de la
confusion et autres condisciples réactionnaires qui se repaissent de
toutes ces paraphrases ignobles que certains sites web leur permettent
d’étaler. Honte à ceux qui laissent s’implanter la haine tranquille.

Il n’y a aucun doute. C'est bien parce qu'il était militant
antifasciste que Clément Méric a été tué.

Alors, combien de propos insultant la résistance antifasciste allons-nous
supporter ? Quels sont ces travestissements iniques qui passent encore par
les écrits ou par les ondes ?

Et quels sont ceux qui, professionnels de l’information, peuvent être
fiers des fausses questions qui ont été posées ? Je ne sais pas ce que
les analyses racontent, mais je sais qui devrait avoir honte, qui a la
mémoire si courte, si rétrécie.

Honte à ceux qui ont laissé faire cela

Honte à ceux qui, associant nazillons et antifascistes dans un même
opprobre ont osé parler d’une rixe entre extrême-droite et
extrême-gauche comme si cela les exonérait de réfléchir. Honte à tous
ceux-là qui ont prétendu que les extrêmes se valent, ceux-là qui ont
cru bon de jeter aux oubliettes des décennies de lutte antifasciste,
ceux-là ont oublié les assassinés des nazillons, les récidives des
crânes rasés. Mais combien de crimes faut-il pour ouvrir les yeux ? La
haine des fachos tue sans cesse et sans honte. Honte à vous qui avez
laissé faire, laissé dire que les nationalistes, les fachos de tout poil
avaient le droit de nous empester.

Tu me connais, facho, tu m’as promis le sang. Tu me connais FJN, Troisième voie, Œuvre Française, Printemps Français, Civitas. Certains des tiens s’inspirent de la même couleur brune à peine délavée par les vilenies et les mêmes saluts pestilentiels d’autrefois. Ils se délectent à longueur de journées des vidéos les plus monstrueuses de la Seconde Guerre, des images les plus horribles des camps d’extermination, des grands-messes nazies, et ne savent déchiffrer que les écrits de pervers de la raison comme Arthème
Fayard, Charles Mauras et Brasillach. Honte à ceux qui ont laissé faire
cela.

Toulouse, jeudi 6 juin 2013. - AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Clément venait à peine de sombrer dans un coma inéluctable que certains
ont disculpé pêle-mêle le Front National, les réactionnaires de la
droite décomplexée, la Manif anti-égalité du mariage et les petites
phrases répétées jour après jour. Honte à vous, qui, en dépit de
mille reportages, de mille avertissements, prétendent encore que les
nazillons et leurs zélateurs n’accompagnent pas systématiquement les
idées du parti des Le Pen. Ce n’est pas une porosité inconnue. Oui, les
fachos font le coup de poing pour ces partis représentés. Oui, il y a des
nostalgiques de Pétain, de Mussolini ou de l’OAS dans ce parti officiel.
Honte à ceux qui ont laissé faire cela.

Clément ne respirait déjà plus que certains persistaient à
s’interroger publiquement sur qui avait commencé. Je peux le révéler.
C’est Missak Manouchian, c’est Buenaventura Durruti, c’est Enrique
Perez-Faras, c’est Erich Mühsam, c’est Pierre Brossolette qui ont
commencé la résistance antifasciste, avec des armes, avec des mots, avec
des cœurs. Ceux-là n’ont pas accepté que les immondes zélateurs du
boucher Mussolini, que les abjects nostalgiques de Pétain, que les
méprisables chagrinés du Caudillo et autres ignobles petits colonels à
moustache installent leur dictature. Ceux-là ont porté la lutte pour la
liberté et l’émancipation des humains, ceux-là sont morts déportés,
fusillés, torturés.

La France s’est construite contre les

fachos

Le corps de Clément n’était pas encore froid que certains maintenaient
encore que la glose des réactionnaires ne constituait finalement pas un
problème pour des thèmes de débats. Honte à tous ceux-là qui laissent
dire les diffamations racistes, les calomnies contre la résistance et qui
laissent faire les ségrégations, qui encouragent les exclusions et tout
ce qui ouvre la porte des fachos. Honte à ceux qui ont laissé faire,
laissé dire « le bruit et l’odeur », « le karcher », « le pain au
chocolat » et de pires obscénités encore. Honte à ceux qui ont laissé
faire cela. La France, comme d’autres Pays, s’est construite contre les
fachos, contre les nazis, mais c’est aussi ici qu’ont été
développées les plus grandes idées humanistes. Non, les fachos ne
passeront pas ici.

Ceux qui ont entamé la résistance difficile contre les idées des
nazillons et autres diminués du bulbe le savent pertinemment. Une ambiance réactionnaire imprègne certains plans de notre société, une sorte de culture fasciste gangrène des parts entières de notre vie et insinue
progressivement dans les esprits faibles la vilénie de ses confusions.
Honte à ceux qui ont laissé faire cela.

Mourir un 5 juin. La météo a été un sujet de préoccupation constant
ces derniers jours où chaque journal titrait presque quotidiennement sur
la recherche du printemps. Je pense à toi, Clément, à tous les
antifascistes du monde. Oui, il a fait froid en France, un froid de facho,
un temps de nazi.

Honte à ceux qui ont laissé faire cela. No Passaran. »


Photo : ANTOINE ANTONIOL / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES/AFP

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