Parutions de la semaine

Politis  • 6 juin 2013
Partager :

Trajectoires de jeunes altermondialistes en France et en Allemagne

Ariane Jossin, préface d’Isabelle Sommier, Presses universitaires de Rennes, 408 p. (+ 16 p. de photos), 22 euros.

On a beaucoup entendu gloser sur la fin des idéologies et de l’engagement militant. Mais aussi sur l’essoufflement du mouvement altermondialiste. Voici pourtant un livre qui redonne espoir quant aux capacités de mobilisation d’une partie de la jeunesse. Ariane Jossin, chercheuse en science politique, a suivi cinq années durant dix-huit militants altermondialistes des deux côtés du Rhin. Elle montre combien leur investissement dans ce mouvement transnational a représenté « une opportunité pour ces jeunes militants déçus par l’offre politique nationale », mettant ainsi en lumière « l’ancrage militant national » du mouvement altermondialiste. Passionnant.

Vacarme

Collectif, n° 63, printemps 2013, 256 p., 12 euros.

Le travail du collectif qui anime Vacarme se veut, depuis 1997, « à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique ». La richesse de cette nouvelle livraison en est une belle illustration. Le manifeste collectif qui ouvre le numéro est consacré à cette « utopie concrète » des « biens communs », en réponse à l’accaparement des richesses par les multinationales. Suivent deux entretiens : l’un avec la metteure en scène Irène Bonnaud sur la nouvelle traduction de Retour à Argos d’Eschyle (où l’on voit que « les demandeurs d’asile ont beaucoup perdu depuis Eschyle »  !) ; l’autre avec l’historien états-unien Todd Shepard et ses recherches sur les « impensés français » vis-à-vis de la guerre d’Algérie. On lira aussi une interview de la philosophe Beatriz Preciado, en train de « faire valser les catégories » de sexe et de genre.

Le Mépris du peuple

Critique de la raison d’État

Thierry Galibert, éd. Sulliver, coll. « Mouvements de pensée », 336 p., 22 euros.

Professeur d’histoire des idées et de la littérature, Thierry Galibert a travaillé sur une « grande constante de l’Occident », à savoir ce « mépris du peuple » par les pouvoirs de tous types et les oligarchies. Appuyant son analyse sur le concept et l’histoire de la raison d’État, « pur produit d’un État intellectuel estimant le peuple hors d’ état de se gérer lui-même », il reprend les textes fondateurs de la pensée politique depuis l’Antiquité jusqu’à ceux qui ont pensé « la République moderne », pour montrer comment la « logique libérale masque l’assujettissement du peuple sous les atours de son bonheur hédoniste ».

Idées
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Clémentine Autain : « Nous devons avoir le discours d’une gauche décomplexée »
Entretien 28 janvier 2026 abonné·es

Clémentine Autain : « Nous devons avoir le discours d’une gauche décomplexée »

La députée de Seine-Saint-Denis défend la nécessité d’une primaire de la gauche en 2027, à laquelle elle est candidate. Elle pose les bases de son projet présidentiel : renouveau démocratique, augmentation des salaires, nouvelle coalition internationale.
Par Lucas Sarafian
« Donald Trump entre en confrontation avec la Constitution »
Entretien 27 janvier 2026 abonné·es

« Donald Trump entre en confrontation avec la Constitution »

Spécialiste des questions juridiques, le journaliste Sébastien Natroll montre comment la droite états-unienne se sert du droit pour asseoir son projet politique conservateur.
Par Olivier Doubre
Le drapeau, projection de l’individu social
Essai 22 janvier 2026 abonné·es

Le drapeau, projection de l’individu social

À Paris, la victoire du Sénégal à la CAN a fait surgir drapeaux, cris et appartenances. Derrière la ferveur sportive, ces étendards révèlent bien plus qu’un résultat de match : des identités, des solidarités et des fractures, au cœur d’un paysage politique et social où le besoin de collectif s’exprime par les symboles.
Par Olivier Doubre
Oleksandra Matviichuk : « Poutine voit l’Ukraine comme un pont vers l’Europe »
Entretien 19 janvier 2026 abonné·es

Oleksandra Matviichuk : « Poutine voit l’Ukraine comme un pont vers l’Europe »

Depuis Kyiv, l’avocate et militante ukrainienne pour les droits de l’homme qui dirige le Centre pour les libertés civiles, avec qui elle a obtenu le prix Nobel de la paix en 2022, raconte un pays qui s’apprête à entrer dans sa cinquième année de guerre. Elle dénonce un système international obsolète, incapable de punir le crime d’agression commis par les dirigeants russes.
Par Hugo Lautissier