Pierre Khalfa : « Sortir de l’euro n’est pas un projet progressiste »
L’économiste Pierre Khalfa rejette le principe d’un retour à des monnaies nationales. Une telle solution exacerberait la concurrence entre les États.
dans l’hebdo N° 1269 Acheter ce numéro
Si de nombreux acteurs politiques ou du mouvement social se rejoignent dans leur analyse critique de l’Europe néolibérale, ils divergent sur la stratégie à mettre en œuvre pour un changement radical. Pierre Khalfa éclaire ces différentes positions dans le débat sur la sortie de l’euro.
Comment pouvez-vous expliquer votre position favorable au maintien de l’euro, alors que vous partagez avec des partisans d’une sortie de la monnaie unique un même diagnostic du fonctionnement de l’Union européenne ?
Pierre Khalfa : Le désaccord ne porte pas sur le constat – l’Europe actuelle est néolibérale et antidémocratique – mais sur la stratégie. La sortie de l’euro ne peut pas être un projet politique progressiste.
Vous avez des divergences profondes sur la condition préalable d’une sortie de l’euro pour une alternative politique. Pourquoi ?
Tout d’abord, le fait d’avoir une monnaie nationale n’est pas la garantie pour que s’opère une rupture avec le néolibéralisme et les politiques d’austérité. Le Royaume-Uni a gardé la livre sterling et la Banque d’Angleterre mène, contrairement à la Banque centrale européenne, une politique de rachat massif des obligations d’État britanniques. Cela n’a pas empêché le gouvernement de ce
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