De l’austérité à la haine de l’autre

La crise sociale, la ghettoïsation des cités et l’instrumentalisation de la question de l’identité nationale exacerbent les différentes formes de racisme. Avec un redoutable amplificateur, les réseaux sociaux.

Thierry Brun  et  Camille Selosse  • 21 novembre 2013 abonné·es

Face aux « annonces successives de liquidations judiciaires et de plans sociaux, [le] climat [est] douloureux » et même accablant, écrivent des préfets dans une note qui alerte sur le climat économique et social. Ils évoquent un « mélange de mécontentement latent et de résignation [qui] s’exprime de façon éruptive à travers une succession d’accès de colère soudains, presque spontanés, et non au sein de mouvements sociaux structurés ». Effet d’une crise sociale qui n’en finit pas ? La conjonction du chômage et de la disparition de services publics est dévastatrice. Elle alimente le chacun pour soi, comme en témoigne cette réaction de certains « bonnets rouges » en Bretagne qui, dans une poussée de fièvre régionaliste, clament qu’ils en ont « marre de payer des impôts pour engraisser les riches à Paris ». L’Autre a tôt fait de devenir l’ennemi. L’exacerbation de la concurrence mine, plus encore que les rapports sociaux, les relations personnelles. L’incitation à la haine n’est plus très loin. « Le racisme est le fruit pourri de l’austérité », résume François Delapierre, secrétaire national du Parti de gauche. « Elle libère une parole

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Publié dans le dossier
Les causes profondes du racisme
Temps de lecture : 7 minutes