Vœux aux Français : La dernière blague de François Hollande

Michel Soudais  • 31 décembre 2013
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Vœux aux Français : La dernière blague de François Hollande

Les indiscrétions en provenance de l’Élysée nous annonçaient des vœux de combat et d’avenir. La communication traditionnelle du président de la République en cette Saint-Sylvestre aura confirmé son combat pour un avenir d’austérité.

L’an dernier il avait promis que « la taxe sur les transactions financières sera enfin introduite au niveau européen »  ; l’un des principaux opposants à cette taxe, reportée à… 2015, aura été Pierre Moscovici, son ministre de l’Économie. Il avait également annoncé que «la prochaine loi bancaire nous préservera de la spéculation » ; au dernier étage de la tour de la Société générale à La Défense, on en rigole encore.

Le chef de l’État avait surtout promis de tout faire pour inverser la courbe du chômage d’ici à cette fin 2013. Le résultat n’est pas au rendez-vous. François Hollande a bien été obligé de le concéder, ce soir. Mezza voce . La crise a été plus profonde et plus rude que prévu, a-t-il expliqué en substance. Les boursiers n’ont pas fini d’en rire, eux qui clôturent un excellent millésime.

Au nom de cette « crise » , que ne connaissent que ceux qui forment le cœur de l’électorat de gauche, François Hollande a donc expliqué ce soir que pour réduire le chômage, il ne faut pas s »attendre à un miracle : « Les résultats sont forcément longs à apparaître mais ils sont là. » Là ? Où ça ?

Au rayon des annonces concrètes , le président de la République a déclaré qu’après le pacte de compétitivité décidé en novembre 2012, dont une des traductions est l’augmentation des taux de TVA dès demain, le gouvernement va proposer aux entreprises « un pacte de responsabilité » , sorte de deuxième étape de l’abaissement du coût du travail (et de la baisse du pouvoir d’achat qui l’accompagne). Il a enfin confirmé le mot d’ordre de l’année 2014 :
« Réduire la dépense publique. » Ramener le déficit structurel à 3,7 % du PIB, c’était l’objectif l’an dernier. Il sera vraisemblablement plus proche de 4 % du fait de dépenses imprévues. D’où l’obligation (européenne) de rattraper cela en 2014, qui sera une année d’austérité renforcée. Selon Bercy, 80 % des efforts de réduction du déficit passeront par la diminution des dépenses de l’État.
« Nous pouvons faire mieux en dépensant moins » , a-t-il martelé, reprenant une antienne sarkoziste, confirmant que le grand dessein de son gouvernement consiste à «réduire notre déficit pour pouvoir à terme baisser les impôts» . C’est d’ailleurs, à le croire, « le sens de la réforme fiscale » engagée par Jean-Marc Ayrault. Pas question donc d’envisager une réforme fiscale qui réduirait les inégalités en engageant une redistribution des richesses, ce serait là l’objectif d’un gouvernement de gauche.

À un seul moment, nous nous sommes senti d’accord avec le président de la République : « La France a tous les atouts pour réussir. » Son seul problème est qu’elle n’est pas gouvernée comme il faudrait.

Politique
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