Le PS n’aura pas la banlieue rouge

Dans les villes où le PS présentait un candidat contre le maire sortant PCF, les socialistes ont quasiment fait chou blanc.

Pauline Graulle  • 25 mars 2014 abonné·es
Le PS n’aura pas la banlieue rouge
© Photo : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

En 2014, la bonne vieille union de la gauche au premier tour a vécu. Le PS est parti à la conquête d’une quinzaine de bastions communistes : « Le PC a quelques problèmes devant lui » , plastronnait en novembre le socialiste Alain Bergougnoux.

Lire > L’OPA du PS sur la banlieue rouge

Quatre mois plus tard, on se fait plus modeste. Mis à part Vaulx-en-Velin (Rhône), « seule primaire perdue » selon Pierre Laurent – la candidate socialiste y arrive première d’une courte tête –, le PCF a plutôt bien résisté aux assauts du PS.

L’ancien bassin minier de Meurthe-et-Moselle va conserver ses villes communistes : à Villerupt, Jœuf, Jarny et Mont-Saint-Martin, les maires sortants, s’ils n’ont pas été réélus dès le premier tour, sont arrivés largement en tête. Le Val-de-Marne, fief historique de Maurice Thorez, restera également un bastion rouge. À Ivry-sur-Seine, après vingt ans d’accords de premier tour, l’arrivée de la PS Sandrine Bernard n’a pas déstabilisé le maire sortant, Pierre Gosnat, qui rempilera pour une deuxième décennie de règne. Même stabilité à Fontenay-sous-Bois ou à Chevilly-Larue, où le socialiste, allié au MoDem, n’est pas parvenu à contrer le Front de gauche de Stéphanie Daumin, qui fait même mieux (47,5 %) que le maire PCF sortant.

En Seine-Saint-Denis, où Claude Bartolone avait envoyé sa jeune garde lui ouvrir la voie du Grand Paris – dont il revendique la présidence –, le bilan des socialistes est mitigé. Le plus beau gadin revient à Razzy Hammadi, censé disputer la mairie de Montreuil au Front de gauche : le jeune intriguant n’a même pas atteint le seuil des 10 %. C’est plus serré à Bagnolet, où le socialiste Tony Di Martino a échoué à une voix près derrière Laurent Jamet du Front de gauche.

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Enfin à Saint-Denis, la Place du Colonel-Fabien devrait parvenir à conserver sa dernière commune de plus de 100 000 habitants. Mais le duel promet d’être sans pitié entre le sortant communiste Didier Paillard (à 40,2 %), qui va récupérer le soutien du dissident socialiste Georges Sali (à 7,7 %), et le « Barto-boy » Mathieu Hanotin (à 34,2 %), lequel mise sur les électeurs de droite et la mobilisation des abstentionnistes.

À Saint-Ouen, à gauche depuis 1945, le socialiste Karim Bouamrane, fort de son bon score de 27 %, et la maire communiste Jacqueline Rouillon, qui chute de 10 points (à 31,6 %), devront en revanche s’allier pour faire barrage à la droite, arrivée en tête. À Viry-Châtillon (Essonne), la maire sortante Parti de gauche, Simone Mathieu, enregistre une sévère défaite : tombée à 24 % des voix au premier tour, soit 20 points de moins qu’en 2008, elle se trouve loin derrière le candidat divers droite (40 %) et devant son concurrent PS, qui n’a atteint qu’un petit 15 %. Ici, la « guerre des gauches » a fini en victoire pour la droite.

Politique
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