Municipales : Une débacle socialiste attendue

Record de pertes pour le PS, dont le rejet rejaillit sur plusieurs bastions du PCF. L'extrême droite emporte une dizaine de mairies. Victoire de la liste EELV-PG à Grenoble.

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Le petit sursaut de participation n'a pas sauvé le Parti socialiste du désastre annoncé. Les mauvais reports de voix à gauche ont fait le reste. Selon le ministre de l'Intérieur, 155 villes de plus de 9.000 habitants sont passées de gauche à droite. Un mouvement de bascule inédit pour ce type de scrutin. Les élections municipales 2014 resteront dans l'histoire électorale comme un dimanche noir pour le PS. Après 22 mois de présidence de François Hollande, des années d'effort pour constituer une implantation municipale qui couvrait plus de la moitié des villes ont été balayées.

Limoges, symbole du désastre. A gauche depuis 1912, la « Rome du socialisme » avait voté pour François Hollande à 65 %. Le socialiste Alain Rodet, maire depuis 1995, arrivé en tête, a été battu dans une triangulaire : arrivé en tête du premier tour avec 30,11 %, il avait accepté de fusionner sa liste avec celle du Front de gauche (14,15 %), il n'obtient que 43,81 % contre 45,07 % à l'UMP Emile Lombertie (23,79 % au premier tour, et 12,31 % pour la liste centriste avec laquelle il a fusionnée) qui a récupéré une partie des voix du FN (16,95 % au premier tour, mais 11,10 % au second.
Le PS perd également la ville de Pau  (Pyrénées-Atlantiques), dirigée par la gauche depuis 43 ans, au profit de François Bayrou. Il perd également les villes de Roubaix , Tourcoing et Maubeuge (Nord), ce qui devrait faire basculer à droite la métropole de Lille , bien que Martine Aubry conserve la ville.

Au moins 80 villes, peut-être 100, passent ainsi de gauche à droite : Toulouse, Bayonne, Anglet, Périgueux, Brive-la-Gaillarde, Angoulême, Niort, La Roche-sur-Yon, Tours, Angers, Laval, Quimper, Morlaix, Caen, Louviers, Asnières, Colombes, Fontenay-aux-Roses, Aulnay-sous-Bois, Argenteuil, Amiens, Reims, Bar-le-Duc, Belfort, Montbéliard (Pierre Moscovici était candidat sur la liste), Nevers, Auxerre, Saint-Etienne, Valence, Salon-de-Provence, etc.

Cette débâcle sans égal ne manquera pas de susciter quelques remous au sein du PS. Sans délai, la gauche du PS a rendu publique dès dimanche soir une lettre à Hollande.

Lire > Après la débâcle, l'aile gauche du PS écrit à Hollande

Le rejet du PS rejaillit sur le PCF , allié au PS dans près de la moitié des villes de plus de 20.000 habitants

Plusieurs de ses bastions passent à droite, notamment, en Seine-Saint-Denis, où le parti de Pierre Laurent perd Le Blanc-Mesnil, Saint-Ouen et Bobigny, la préfecture de ce département, communiste depuis 1919. Mais aussi Villejuif (Val-de-Marne), communiste depuis 1925 qui passe à l'UMP avec le soutien de quelques écolos, ou Aubagne (Bouches-du-Rhône).

Lire > Bobigny : un bastion PCF menacé par l'abstention

Le PCF gagne toutefois la mairie de Montreuil: Patrice Bessac son candidat, qui avait fusionné sa liste Front de gauche avec EELV et le PS, ayant devancé l'ancien député maire Jean-Pierre Brard de près de 500 voix (37,06%) dans une quadrangulaire.

Lire > Une alliance anti-Brard (et pro-Montreuil ?)

Il conserve également Saint-Denis, où un duel très disputé opposait la liste PCF-FdG-EELV au PS, de 181 voix (50,5%), et le communiste Pascal Beaudet récupère la mairie d'Aubervilliers «volée» par le PS en 2008. Mais dans une autre commune du 93 convoitée par le PS, Bagnolet, c'est le socialiste Tony Di Martino qui s'empare de la mairie.

Lire > Municipales : « sextangulaire » à Bagnolet, le Front de gauche devant d’une voix

L'exception grenobloise

Dans ce désastre , profitant du maintien du FN, le PS emporte Avignon (Vaucluse), et le PRG Lourdes (Hautes-Pyrénées).

A Grenoble, victoire prometteuse de la liste EELV-PG-citoyens conduite par Eric Piolle (40 %) contre le socialiste Jérôme Safar allié au PCF (27,4%), après un entre-deux tours très tendu, marqué notamment par l''agression du candidat écolo vendredi soir.

Lire > Éric Piolle, l'écolo qui peut devenir maire de Grenoble

Une dizaine de communes passent à l'extrême droite

L'UMP pavoise. Fort de ces résultats qui donnent une majorité de communes de plus 9.000 habitants à la droite, Jean-François Copé proclamait dès 20h l'UMP « premier parti de France » .

Illustration - Municipales : Une débacle socialiste attendue - Mairie de Frejus.

L'extrême droite emporte une douzaine de communes. Après Hénin-Beaumont gagné au premier tour, qui a élu Steeve Briois aujourd'hui sous haute protection policière, le FN gagne Fréjus (45,55 %), le 7e secteur de Marseille, Hayange (34,7%), Le Pontet (42,62% mais seulement sept voix d'avance), Beaucaire (39,82 %), Cogolin (53,1%), Le Luc (42,03 %), Villers-Cotterêts (41,53 %), Mantes-la-Ville (30,26 % dans une quadrangulaire).
Autres gains : Béziers où Robert Ménard (soutenu par le FN qui avait 6 candidats sur sa liste) l''emporte avec 47 %. Et Camaret-sur-Aigues, petite commune du Vaucluse (5 000 habitants) emportée par Philippe de Beauregard avec 36,61 % dans une triangulaire; secrétaire général de la Ligue du Sud (groupuscule de Jacques Bompard, maire d'Orange), il avait le soutien du FN.
En revanche, Louis Aliot (44,89 %) échoue à Perpignan (Pyrénées-Orientales), tout comme Florian Philippot qui était arrivé en tête à Forbach (Moselle), ainsi que Gilbert Collard à Saint-Gilles (Gard). Les candidats les moins connus sont ceux qui ont le mieux réussi.


Photo: Franck Fife/AFP

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