Politique de la peau de chagrin

Gel des crédits, coupes budgétaires, précarisation des intermittents : le secteur culturel souffre d’une vision économiste du gouvernement actuel.

Christophe Kantcheff  • 1 mai 2014 abonné·es

« Comme le disait Baudelaire, “le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture”. » Ces propos ont été prononcés par François Hollande au cours de sa campagne pour l’élection présidentielle, le 19 janvier 2012, à Nantes. Dans ce discours remarquable, puisque le seul de toute sa campagne consacré à la culture, les accents lyriques étaient comptés, si bien que cette citation du poète retint l’attention. Hélas, trois fois hélas, le vers n’était pas le bon. « Car c’est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage/Que nous puissions donner de notre dignité/Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge/Et vient mourir au bord de votre éternité ! », lit-on dans « Les Phares », extrait des Fleurs du mal. Cette bévue pourrait n’être que la conséquence d’un copié/collé trop prompt ; elle est emblématique de la place qu’occupe la culture dans le parcours et la politique de François Hollande.

Un unique discours et deux engagements – sur 60 – dans son programme (l’un, fourre-tout, sur « l’accès à la culture et la création artistique », l’autre concernant la question du numérique) ne font pas une vision présidentielle. L’homme se montre lui-même souvent maladroit sur le sujet. Exemple : à l’avant-première de l’ultime film

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Publié dans le dossier
Pauvre culture !
Temps de lecture : 7 minutes