Le corps, dernière conquête capitaliste

La sociologue Céline Lafontaine estime que la bioéconomie ouvre la voie à l’exploitation du vivant.

Ingrid Merckx  • 12 juin 2014 abonné·es
Le corps, dernière conquête capitaliste
© Photo : Stefano Oppo / AFP

Pour payer la pension de sa fille, Cosette, l’héroïne hugolienne Fantine vend ses cheveux et ses dents. La pratique est vieille comme la pauvreté. Le concept de « bioéconomie », lui, serait né de la crise pétrolière pour proposer, par les avancées de la biologie moléculaire et du génie génétique, une alternative à l’épuisement des ressources. Une nouvelle forme de croissance, en somme, tenant compte des limites du vivant. Mais cette « première version » a été détournée au profit du « biocapital »  : le corps, appelé à se régénérer pour prolonger la productivité, représente une source d’investissement. Sang, tissus, embryons, cellules deviennent des « bio-valeurs » marchandisées par l’industrie de la procréation et de la médecine régénérative. Selon Céline Lafontaine, la

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 4 minutes

Pour aller plus loin…

Ce que l’intelligence artificielle fait au langage humain
Analyse 24 juillet 2026 libéré

Ce que l’intelligence artificielle fait au langage humain

Les grands modèles de langage produisent des textes toujours plus convaincants à mesure que nous les entraînons. Une puissance d’imitation qui conduit à réinterroger les critères qui fondent la valeur du langage et ce qui fait sa créativité.
Par Juliette Heinzlef
« L’IA générative crée une aliénation langagière et idéologique »
Entretien 24 juillet 2026 libéré

« L’IA générative crée une aliénation langagière et idéologique »

Le linguiste François Rastier observe les effets des chatbots sur les humains. Chute de la diversité linguistique, risque populiste, amplification de la désinformation… Il déplore l’absence de cadrage juridique et appelle à promouvoir le « fait humain », comme on le fait par exemple pour le bio.
Par Juliette Heinzlef
Le jeu vidéo, une bonne partie d’utopie
Analyse 23 juillet 2026 abonné·es

Le jeu vidéo, une bonne partie d’utopie

Qu’il s’agisse de collecter les déchets d’une nature postapocalyptique ou d’incarner un agent de douane dans une dictature fictive, l’espace vidéoludique s’apparente, au-delà du divertissement, à un terrain d’expérimentation politique.
Par Juliette Heinzlef
Zidane, sociologie d’un génie
Essai 22 juillet 2026

Zidane, sociologie d’un génie

Stéphane Beaud a choisi le footballeur – sélectionneur pressenti de l’équipe de France masculine de football – comme objet d’étude, depuis ses origines familiales immigrées jusqu’à cette figure de prodige du ballon rond.  
Par Olivier Doubre