Le corps, dernière conquête capitaliste
La sociologue Céline Lafontaine estime que la bioéconomie ouvre la voie à l’exploitation du vivant.
dans l’hebdo N° 1307 Acheter ce numéro

Pour payer la pension de sa fille, Cosette, l’héroïne hugolienne Fantine vend ses cheveux et ses dents. La pratique est vieille comme la pauvreté. Le concept de « bioéconomie », lui, serait né de la crise pétrolière pour proposer, par les avancées de la biologie moléculaire et du génie génétique, une alternative à l’épuisement des ressources. Une nouvelle forme de croissance, en somme, tenant compte des limites du vivant. Mais cette « première version » a été détournée au profit du « biocapital » : le corps, appelé à se régénérer pour prolonger la productivité, représente une source d’investissement. Sang, tissus, embryons, cellules deviennent des « bio-valeurs » marchandisées par l’industrie de la procréation et de la médecine régénérative. Selon Céline Lafontaine, la
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