Le corps, dernière conquête capitaliste

La sociologue Céline Lafontaine estime que la bioéconomie ouvre la voie à l’exploitation du vivant.

Ingrid Merckx  • 12 juin 2014 abonné·es
Le corps, dernière conquête capitaliste
© Photo : Stefano Oppo / AFP

Pour payer la pension de sa fille, Cosette, l’héroïne hugolienne Fantine vend ses cheveux et ses dents. La pratique est vieille comme la pauvreté. Le concept de « bioéconomie », lui, serait né de la crise pétrolière pour proposer, par les avancées de la biologie moléculaire et du génie génétique, une alternative à l’épuisement des ressources. Une nouvelle forme de croissance, en somme, tenant compte des limites du vivant. Mais cette « première version » a été détournée au profit du « biocapital »  : le corps, appelé à se régénérer pour prolonger la productivité, représente une source d’investissement. Sang, tissus, embryons, cellules deviennent des « bio-valeurs » marchandisées par l’industrie de la procréation et de la médecine régénérative. Selon Céline Lafontaine, la

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