Pourquoi les cheminots n’ont pas la cote

Le cheminot « privilégié » n’est plus le seul objet d’irritation des usagers. Depuis plusieurs années, ceux-ci assistent, impuissants, à la dégradation de leur service public.

Thierry Brun  • 26 juin 2014
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Pourquoi les cheminots n’ont pas la cote
© Photo : CITIZENSIDE / CHRISTOPHE ESTASSY

Comme à chaque grève de cheminots, la « galère » des usagers, forcément « excédés » et « pris en otages », a dominé l’actualité. Les premiers jours du conflit social ont été l’occasion pour la plupart des médias d’opposer travailleurs sans trains et syndicalistes au « corporatisme désuet ». Il a fallu attendre la fin du mouvement pour que soient enfin abordées les raisons de la grève. Avec une perception souvent biaisée, car on a davantage évoqué la défense du statut des salariés que le projet gouvernemental de réforme ferroviaire. Lequel consiste à éclater la SNCF en trois entreprises, pour préparer l’ouverture totale à la concurrence du transport de passagers d’ici à 2019. Le cheminot « privilégié » n’est pourtant plus le seul objet d’irritation des usagers. Depuis plusieurs années, ceux-ci assistent, impuissants, à la dégradation de leur service public, alors même qu’on leur promettait, par la mise en œuvre des directives européennes, une amélioration du transport ferroviaire et une baisse des tarifs. Au-delà du conflit social qui complique leurs déplacements, les passagers déplorent ainsi des perturbations du trafic quasi quotidiennes, des trains en panne ou bondés, parfois supprimés au dernier moment. Peu citées dans les médias, les associations d’usagers décrivent un service public exsangue, mis à mal par la privatisation rampante de la SNCF, avec la fermeture de lignes et la suppression de services non rentables. Et ça, quand bien même l’image des travailleurs du rail s’est dégradée au fil de l’évolution libérale de la société, les cheminots n’y sont pour rien…

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