Jean Zin : « Le plaisir est un facteur de production »
Pour le philosophe Jean Zin, le temps libre n’a plus de sens dès lors que le travail est autonome, créatif et libéré du salariat.
dans l’hebdo N° 1313-1315 Acheter ce numéro

© Un espace de coworking à Moscou. Alexsey Nichukchin/RIA Novosti
Philosophe et militant écologiste, Jean Zin défend une nécessaire adaptation aux nouvelles organisations du travail et un système associant revenu garanti, autonomie et coopération.
Quels rapports voyez-vous entre les revendications des intermittents et certaines réflexions portées par l’écologie politique ?
Jean Zin : La connexion avec les intermittents se situe à plusieurs niveaux. D’abord, il s’agit de sortir du productivisme capitaliste, c’est-à-dire du salariat, au profit du travail autonome, d’un travail choisi, plus épanouissant mais moins productif. Ensuite, le passage de l’ère de l’énergie (industrielle) à l’ère de l’information (postindustrielle) a remplacé la force de travail, dont le produit est proportionnel au temps passé, par le travail immatériel. Sa productivité est non linéaire, non mesurable par le temps, comme Marx le pressentait dans ses Grundrisse, se rapprochant du travail artistique et créatif,
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