Parutions de la semaine

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Sauvons le Croquant !

Les éditions du Croquant, coopérative indépendante publiant essentiellement de très bons ouvrages de sciences humaines « engagées », en premier lieu des travaux de sociologie s’inscrivant dans la lignée de Pierre Bourdieu, tout comme l’excellente revue Savoir/Agir, sont en danger. À l’instar de nombreux petits éditeurs, sa situation économique a trop souvent été un numéro d’équilibrisme comptable. Mais, cette fois, ses animateurs, déjà contraints au « bénévolat », appellent lecteurs et amis à se mobiliser pour parer le danger de disparition qui menace. En envoyant des dons ou, mieux, en achetant ses livres ! C’est urgent.

www.editions-croquant.org.

Tout le catalogue disponible sur : http://croquant.atheles.org.
Voir également l’appel sur notre site : www.politis.fr/Les-Editions-du-Croquant-ont,27485.html

Lettre d’une enfant de la guerre aux enfants de la crise

Évelyne Sullerot, Fayard, 216 p., 17 euros.

Figure pionnière des revendications des femmes en France, à l’initiative du célèbre ouvrage collectif Le Fait féminin (Fayard, 1978), dont la couverture bleu azur se remarquait sur les étagères de nos mères ou grands-mères engagées dans le MLF, Évelyne Sullerot poursuit ici une introspection très personnelle faisant suite à son autobiographie, Nous avions 15 ans en 1940 (Fayard, 2010). S’adressant aux jeunes générations, à ces « enfants de la crise » qui lui semblent « tellement plus libres » que ceux « de la guerre », celle qui fut l’une des fondatrices du Planning familial analyse l’évolution des différences sexuelles, de la famille, du couple… Sans dissimuler ses interrogations, voire ses incompréhensions, devant les nouvelles modes et nouvelles théories dont, pour elle, « on est libéré(e) à 89 ans »…

La Violence oui ou non

Günther Anders, éd. Fario, 162 p., 17 euros.

En complément de l’ouvrage traité ci-contre (à moins que ce ne soit l’inverse), voici d’autres textes de Günther Anders publiés par les très élégantes éditions Fario. Il s’agit de réflexions du philosophe sur la violence du progrès et sur la question nucléaire. Anders y développe sa critique de la technologie : « Notre capacité à produire excède notre capacité à imaginer et à être responsable. » Nécessairement, le champ du philosophe écologiste s’élargit. Pour expliquer l’aveuglement d’un monde qui court à sa perte, Anders en vient à s’interroger sur la démocratie : « Je conteste qu’il y ait encore de la démocratie après la victoire des médias de masse », dit-il dans un passionnant entretien avec le journaliste allemand Manfred Bissinger. On n’est pas très loin de Gramsci.


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