Parutions de la semaine

Politis  • 4 septembre 2014
Partager :

Une vie politique

Daniel Defert, entretiens avec Philippe Artières et Éric Favereau, avec la collaboration de Joséphine Gross, Seuil, 368 p., 22 euros

La belle photo de couverture laisse deviner la présence qui marqua profondément la vie de Daniel Defert : celle de Michel Foucault, que l’on aperçoit, un peu flou, à côté du visage poupin du futur fondateur de l’association Aides. Interrogé par l’historien Philippe Artières et Éric Favereau, journaliste « Santé » à Libération, Daniel Defert livre pour la première fois le récit de sa vie. Une vie très politique : il découvre avec son homosexualité les discriminations liées, puis viennent Mai 68, la proximité avec les « maos », la fondation du Groupe information prisons, aventure dans laquelle il entraîne son compagnon, Michel Foucault. Et après la disparition de celui-ci en 1984, due au sida, la lutte contre l’épidémie, l’accompagnement des malades et le combat pour la découverte puis l’accès aux traitements. Un beau livre. Tout pour tous !

L’expérience zapatiste,

une alternative concrète au capitalisme

Guillaume Goutte, éd. Libertalia, 104 p., 8 euros.

On les avait presque oubliés ! Pourtant, depuis vingt ans et l’insurrection – armes à la main (mais sans avoir tiré de coups de feu, ou presque) – advenue au Chiapas le 1er janvier 1994, les rebelles zapatistes, emmenés par le fameux sous-commandant Marcos, tiennent bon. En rendant leur dignité à plusieurs dizaines de milliers d’Indiens du sud du Mexique, l’EZLN a bel et bien construit une contre-société, alternative concrète au capitalisme néolibéral mondialisé qui, ailleurs en Amérique latine, écrase d’abord les peuples indigènes. Une véritable enquête dans ce territoire « libéré ».

Libéral-réac

Les racines réactionnaires du néolibéralisme

Jérémy Perrin, éd. François Bourin, 248 p., 18 euros

Les libéraux, et a fortiori ceux qui vantent le néolibéralisme, se targuent toujours de représenter la « modernité » et le « progrès ». Ayant remisé les théories keynésiennes, le marxisme, voire simplement l’idée de redistribution et de partage des richesses, au rang des vieilleries idéologiques. Au nom de l’efficacité et du bon fonctionnement de l’économie mondiale que leurs « trouvailles » ont entièrement conquise. En montrant combien le conservatisme et la réaction ont profondément et d’emblée nourri la pensée néolibérale, ce petit livre incisif et pédagogique vient apporter un démenti bien senti à cette fable trop souvent entendue. Quand le Tea Party, les « quenelles » et autres « manifs pour tous », loin de s’y opposer, constituent un véritable « affluent » du torrent inégalitaire néolibéral.

Idées
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Le fascisme, une hydre aux mille définitions
Essai 30 avril 2026 abonné·es

Le fascisme, une hydre aux mille définitions

Le « fascisme » emporte-t-il le monde ? Jamais éteint, ce vocable est plus utilisé et débattu que jamais. Un nouvel ouvrage collectif s’efforce d’apporter nuance et complexité à ce débat sémantique ô combien politique.
Par François Rulier
La « nouvelle France », un débat qui vient de loin
Analyse 29 avril 2026 abonné·es

La « nouvelle France », un débat qui vient de loin

De la pensée révolutionnaire au nouveau slogan des insoumis, l’universalisme français n’a cessé de muter selon les contextes, révélant une contradiction entre tentation hégémonique et volonté d’ouverture.
Par Juliette Heinzlef et Alix Garcia
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet
Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »
Entretien 22 avril 2026 abonné·es

Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »

La militante féministe et libertaire turque, sociologue à l’université de Nice, raconte sa découverte de la question kurde en Turquie, lutte qui a été pour elle une école d’émancipation individuelle et collective. Et qui lui vaudra incarcération et tortures, avant l’exil en France. Dans son livre Lever la tête, elle témoigne des persécutions subies.
Par Olivier Doubre