Venezuela : une prison aux détenus

A Visa pour l’image, à Perpignan, le photographe Sebastiàn Liste expose son travail sur un centre pénitentiaire vénézuélien ordinaire.

Jean-Claude Renard  • 8 septembre 2014
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Illustration - Venezuela : une prison aux détenus


C’est une prison presque comme une autre au Venezuela , qui en compte 37 sur son territoire et dont seules 7 sont contrôlées par les autorités. Toutes les autres sont entre les mains des détenus. C’est le cas de Vista Hermosa, construite dans les années 1950. Conçue pour accueillir 650 détenus, elle en concentre trois fois plus. A l’intérieur, tel un véritable Etat dans l’Etat, elle vit sous la poigne de Wilmito, régnant sur un réseau de trafic de drogue et de prostitution, condamné à 26 ans de prison pour meurtres et enlèvements. Il a instauré ses propres règles, assurant diriger la prison de façon plus humaine. De fait, les femmes et les enfants de détenus y circulent librement, les homosexuels possèdent leur quartier pour être préservés de toute agression, les barreaux ont été arrachés des fenêtres, des geôles sont réservées à tout réfractaire aux règles du boss (dit « le Pran »). Il existe une taxe de protection que les prisonniers versent chaque semaine. Des fonds qui servent à acheter des armes pour les gardes et certains produits de base (nourriture, entretien). Wilmito a ajouté sa touche de fantaisie en faisant construire une piscine, un terrain de baseball et une discothèque.


Illustration - Venezuela : une prison aux détenus


Tout ce qui fait de Vista Hermosa une prison animée, dans laquelle le photographe Sebastiàn Liste cadre le bric à brac ambulant, un barbecue, un cours de boxe, les patrouilles de maton/détenus imposant leurs lois, le temps des prières des chrétiens évangéliques, les jeux des enfants, une partie de dominos. Une vie ordinaire en apparence paisible ; en apparence seulement. Vista Hermosa n’a rien d’un village de vacances. C’est l’impression qui domine dans les images de Liste, crues, rêches, marquées par une chaleur de plomb, certaines étouffantes tant semble se déployer les tensions. Sebastiàn Liste a beau mettre une certaine distance entre lui et son sujet ; l’intensité dramatique demeure. Probablement parce qu’il était précisément (même s’il ne s’explique pas) à la bonne distance.


Illustration - Venezuela : une prison aux détenus


De l’autre côté du mur d’enceinte , Sebastiàn Liste, au Couvent des Minimes, Perpignan, jusqu’au 14 septembre.

Médias
Temps de lecture : 2 minutes
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