Hervé Gourdel : Un assassinat qui soulève de nombreuses questions
Après la mort du Français Hervé Gourdel, la politique algérienne s’invite dans l’enquête. Le pouvoir est soupçonné de laisser les islamistes agir à leur guise en Kabylie pour discréditer le mouvement berbère.
dans l’hebdo N° 1322 Acheter ce numéro

Que révèle la mort d’Hervé Gourdel, l’otage français décapité le 24 septembre en Algérie ? Au-delà du discours officiel du régime algérien, une série de faits objectifs interpelle les spécialistes, la population kabyle et les témoins de premier plan de la décennie noire, cette guerre civile qui opposa Alger à divers groupes islamistes à partir de 1991. Dix jours après la mort du guide de haute montagne, les opérations de ratissage n’ont toujours pas permis de retrouver le corps d’Hervé Gourdel, ni ses assassins, se revendiquant du groupe Jund Al-Khalifa (soldats du califat), lié à l’État islamique (IE). Environ 2 000 militaires algériens et membres des troupes d’élite de l’antiterrorisme, aidés par 500 fusiliers marins et des chiens, ont pourtant été mobilisés dans le massif du Djurdjura, en Kabylie. « Je sais qu’ils ne retrouveront pas les terroristes », affirme Habib Souaïdia, ancien officier des forces spéciales algérienne, auteur en 2001 de la Sale Guerre [^2], où il accuse l’armée d’être derrière des massacres de civils. « J’ai procédé à l’arrestation de nombreux terroristes maquisards. Les personnes qui apparaissent dans la vidéo n’ont pas du tout le profil de clandestins marchant plusieurs jours dans les montagnes », poursuit-il.
En Algérie, jusqu’ici, les islamistes n’apparaissaient jamais masqués. Comme Souaïdia, nombreux sont les habitants de Tikjda à avoir été étonnés par la vidéo où l’on voit Hervé Gourdel à genoux devant ses ravisseurs, la peau très blanche des terroristes en tenue afghane et le surpoids de l’un d’eux : « À la fin de l’été, en Kabylie, nous sommes tous très bruns,
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