Hollande à la télé: ses principales déclarations

Mort de Rémi Fraisse, chômage, CICE, compte pénibilité, impôts, Jeux olympiques, plan numérique, bilan de la première moitié du quinquennat... Retrouvez ce qu'en a dit le chef de l'Etat.

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«Mon rôle, c'est de protéger les Français» , a déclaré le chef de l'Etat sur TF1 et RTL, «je vais les emmener pour qu'en 2017 la situation soit rétablie, mais dans le respect de ce que nous sommes, la République sociale»* . Peu d'annonces dans cette émission. En voici les principales.

Mort Rémi Fraisse, enquête administrative sous 8 jours

Interrogé en tout début d'émission sur l'interpellation des parents de Rémi Fraisse, François Hollande a assuré vouloir « la vérité » , alors qu'il est établi que l'Etat a menti durant les 48 heures qui ont suivi la mort du jeune militant écologiste Rémi Fraisse, qui manifestait contre le barrage de Sivens (Tarn). Le chef de l'Etat a promis les résultats d'une enquête administrative « d'ici huit jours » .

« J'ai promis à la famille la vérité, à son père et à sa mère. Pour établir la vérité, il y aura donc des enquêtes qui tout de suite ont été diligentées par le ministre de l'Intérieur: une première pour savoir ce que sont exactement ces grenades, qui sont utilisées depuis 50 ans, qui jusque là n'avaient pas tué, et pourquoi il s'est passé là un drame. J'aurai le retour de cette enquête d'ici 8 jours. »

Chômage, des « erreurs » et un retour de l'ASS

Depuis mai 2012, Pôle emploi a vu affluer plus d'un demi-million de chômeurs supplémentaires. Fin septembre, un énième record a été enregistré avec 3,43 millions d'inscrits sans activité en métropole. François Hollande a reconnu jeudi avoir « pu commettre des erreurs » , notamment sur le chômage, en pronostiquant une « inversion de la courbe du chômage » pour 2013
. « J'avais parlé de l'inversion de la courbe du chômage. Ce n'est pas venu, je m'en suis fait reproche parce que c'était une espérance pour beaucoup, notamment ceux qui étaient demandeurs d'emploi. »
Il a confirmé qu'il ne se représenterait pas s'il ne parvenait pas à faire baisser le chômage d'ici à 2017. « Les Français seraient implacables et ils auraient raison. » Cependant, a continué le président, « j'ai remis les bouchées doubles » grâce au pacte de responsabilité, « pour que notre pays retrouve la compétitivité et la croissance et donc l'emploi » .

Illustration - Hollande à la télé: ses principales déclarations

Seule annonce sur ce sujet de préoccupation majeure, François Hollande a annoncé le retour d'une allocation pour les chômeurs qui ont suffisamment cotisé mais n'ont pas atteint l'âge de la retraite et la création d'un contrat aidé pour les chômeurs seniors à qui il manque quelques trimestres de cotisation.
« J'ai décidé pour les personnes qui ont toutes leurs annuités, qui ont plus de 60 ans et qui ne trouveront plus l'emploi jusqu'à 62 ans (...) pour ces personnes, on pourra avoir cette prestation » qui avait été supprimée, afin de « les conduire à la retraite » , a déclaré François Hollande en annonçant également « la mise en place d'un contrat » aidé pour les personnes au chômage proche de la retraite.

Le CICE pérennisé

Le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), considéré par la gauche, dont une partie du PS, comme un «cadeau» aux entreprises puisqu'il est attribué sans distinction et sans conditions, sera transformé à partir de 2017 en «baisses de charges pérennes» , a annoncé François Hollande, donnant ainsi satisfaction à une demande du Medef.

«On va faire le CICE pendant trois ans (...) ça va monter en régime, et après, en 2017, tout ce qui a été mis sur l'allégement du coût du travail, ça sera transféré en baisse de cotisations sociales pérennes..»

Autre annonce faite face à une chef d'entreprise qui mettait en avant le problème de compétitivité des entreprises du pays: la suppression des charges pour les «salariés au Smic et un peu plus» , une mesure déjà envisagée, puis annulée par le Conseil constitutionnel cet été, qui serait donc représenté sous une autre forme:

«Le 1er janvier 2015, la feuille de paye des salariés payés au Smic et un peu plus, ça sera zéro charges (sic) pour ces salariés.»

Compte pénibilité

Le Medef réclame la suppression de cette disposition, dont la création la seule mesure compensant l'allongement de la durée de cotisation, et donc de la durée du travail, de la loi sur les retraites de 2013. Face à cette fronde François Hollande annonce qu'il va transiger.

«Comme c'est compliqué, je vais faire avec un chef d'entreprise du terrain - on désignera lequel - et avec un parlementaire une mission pour qu'ils puissent simplifier au maximum, pour que ça ne coûte rien à l'entreprise.»

Impôts: plus aucune augmentation

Aux prises avec des journalistes assez poujadistes, comme Yves Calvi,qui se sont fait l'écho du discours sur l'insupportable pression fiscale, François Hollande a annoncé qu'il n'y aurait pas d'augmentation à partir de 2015 et jusqu'à la fin du quinquennat, soulignant qu'à partir d' «un moment donné, la classe moyenne supérieure ne peut plus accepter d'augmentation d'impôt» .
«A partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit. Il y aura une baisse d'impôt telle que je l'ai annoncée (...) Il n'y aura rien au-delà de ce qui a été annoncé.»
Interrogé sur l'utilisation de ces impôts, M. Hollande a invoqué la diminution des déficits de l'Etat. «Les déficits ont baissé. Quand je suis arrivé en 2012, le déficit était à 5,2% (du Produit intérieur brut), il est à 4,4%. C'est encore trop mais c'est moins que ce j'ai trouvé» , a-t-il commenté, soulignant que sous ses prédécesseurs, celui-ci avait même atteint 7%.

Des jeux faute de pain

François Hollande s'est déclaré «favorable» à une candidature de Paris aux jeux Olympiques d'été de 2024, un projet sur lequel Anne Hidalgo n'a pas caché ses réticences, estimant que la tenue d'un tel événement apporterait «un moment de ferveur» et permettrait la création de «plein d'emplois» .

«Je suis favorable à ce que la ville de Paris, si elle le décide, présente sa candidature pour les jeux Olympiques. C'est très important parce que ça sera un moment de ferveur et surtout ça fera plein d'équipements avant, plein d'emplois, plein d'industries qui pourront se montrer.»

La France n'a plus accueilli les JO d'été depuis 1924. Candidate pour l'édition de 2012, Paris s'était inclinée au dernier tour au profit de Londres. Le chef de l'Etat s'est également dit favorable à la candidature de la France pour l'exposition universelle de 2025.

Un plan numérique dans l'éducation

Au chapitre «éducation», François Hollande a précisé l'annonce d'un «plan numérique» déjà évoqué par ses ministres.

« A la rentrée 2016, tous les élèves de 5e seront équipés d'une tablette et auront une formation au numérique, a-t-il affirmé. Mais il faut que tous les enseignants soient impliqués. »
Comment sera-t-il financé, sachant que près de 800 000 collégiens sont en classe de 5e? « On dégagera l'argent nécessaire, l'éducation est une priorité » , assure le chef de l'Etat. En revanche, rien sur la dramatique situation de l'école en Seine-Saint-Denis.

Lire > Saint-Denis : écoles abandonnées ?

Illustration - Hollande à la télé: ses principales déclarations

Première moitié du quinquennat: «Je me cramponne»

Le président de la République était attendu sur son bilan. Les questions en première partie d'émission ont été pitoyables. On retiendra néanmoins ces petites phrases:

«Je ne suis pas devenu président de la république par hasard, parce que j'ai été tiré au sort. J'ai été candidat, j'ai voulu me présenter devant les Français, être choisi par eux et exercer la responsabilité la plus élevée du pays. Je savais que ça serait difficile.»

«J'accepte toutes les critiques, j'accepte même les trahisons, j'accepte que l'on puisse me faire des reproches. Mais ce que je n'accepte pas, et ce que j'accepterai jamais, c'est qu'on puisse toucher à la France.»

«Je parle de la France parce que c'est ce qui me touche le plus, après toutes les critiques, moi j'ai le cuir tanné. [...] Depuis deux ans et demi, je me cramponne.»

«Je ne pense pas avoir fait d'erreurs. Parce que ma cravate n'est pas droite? Mais où on en est là quand on est sur ce jugement de la politique? (...) On me reproche même de manger des frites. Mais quelle est cette conception? J'essaie de me tenir.»

La suite du quinquennat

François Hollande n'entend pas changez de trajectoire. Ça, on s'en doutait.

«Je vais pendant les deux ans et demi qui me restent, jusqu'au bout, vous m'entendez, jusqu'au bout, réformer mon pays, le rendre plus fort.»

Stop ou encore?


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