Austérité : la rupture sociale qui ne dit pas son nom
Associations et rapports officiels font le même constat : la précarité, la pauvreté et les inégalités s’accroissent. Une preuve accablante de l’inefficacité des mesures de réduction de la dette publique.
dans l’hebdo N° 1330 Acheter ce numéro

«C’est la galère. Mon compagnon n’a jamais cessé de chercher un emploi, mais il ne s’est vu proposer que des petits jobs. Désormais, certains recruteurs lui balancent : “59 ans, trop vieux” », se lamente Béatrice, 46 ans. Elle et son compagnon vivent à Châtillon-sur-Indre, à moins de 50 kilomètres de Châteauroux. Saisonnière agricole, un CAP en poche, elle a connu les petits boulots avant d’arrêter de travailler pour s’occuper de ses trois enfants. La famille perçoit le revenu de solidarité active (RSA) et des allocations familiales, soit 934 euros. Mais le loyer est de 570 euros, la facture de gaz de 150, sans compter le téléphone, l’électricité, l’essence pour la voiture, vitale en zone rurale.
Il reste à Béatrice moins de 200 euros par mois pour nourrir cinq personnes. Sans l’aide du Secours populaire français, elle ne s’en sortirait pas. Pourtant, le conseil général de l’Indre vient de lui signifier que « le versement du RSA serait suspendu », parce qu’elle n’aurait « pas entrepris de démarches suffisantes pour trouver un emploi ». Béatrice a cette réaction angoissée : « Comment chercher un travail avec mon dernier qui a 4 ans, comment payer une nourrice alors que nous avons à peine 2 euros par jour et par personne pour vivre ? Je ne veux plus voter, qu’on nous laisse mourir [^2] ! » Ce témoignage est révélateur du lourd tribut payé par les Français depuis la crise financière de 2008 et la mise en place de mesures d’austérité qui appauvrissent une grande partie de la population. « Cette année, la situation est encore plus difficile que les années précédentes. De plus, on est sans arrêt considérés comme des assistés », s’emporte Malika Zediri, militante de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et précaires (Apeis). « C’est
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