Aides agricoles : Du passif faisons table rase

L’État français va rembourser à l’UE un trop-perçu d’aides aux céréaliers.

Claude-Marie Vadrot  • 5 février 2015 abonné·es

Mauvaise nouvelle pour les autorités françaises : le gouvernement a été sommé de rembourser 1,45 milliard d’euros à l’Union européenne pour des aides agricoles indues entre 2008 et 2012. Mais bonne nouvelle pour les gros agriculteurs : ce remboursement sera financé par le contribuable. Et les bénéficiaires de ces aides, essentiellement des céréaliers, ne seront pas tenus de participer à la restitution.

Ces derniers sont pourtant en grande partie responsables des fraudes et des « erreurs » commises sous la tutelle des ministres de l’Agriculture de l’époque, Michel Barnier puis Bruno Lemaire. Des agriculteurs qui n’ont ni su ni voulu faire rectifier ces fausses déclarations, lesquelles portaient tant sur l’étendue des surfaces éligibles aux aides que sur le caractère écologique de grandes exploitations. Et ce malgré les injonctions des instances européennes. Quant à l’intervention de l’actuel ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, sous pression de la FNSEA, dirigée par un industriel agricole, elle a simplement consisté à négocier depuis 2012 une réduction du montant des malversations détectées, qui se montaient initialement à 1,8 milliard d’euros. Ainsi la dette réclamée par les instances européennes sera acquittée par le gouvernement d’ici à 2017. Malgré l’importance de l’ardoise à venir, aucune modification n’a été apportée au système d’évaluation des surfaces. Pas plus que ne sera vérifiée la sincérité des déclarations d’éco-compatibilité des surfaces éligibles à une aide « récompensant » des méthodes de cultures moins intensives, dans un pays où, étonnamment, le tonnage de pesticides augmente régulièrement.

Écologie
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