L’universalisme, une notion dépassée ?
Le repli de certaines associations sur leur « domaine » communautaire est un signe de l’échec des politiques publiques.
dans l’hebdo N° 1343 Acheter ce numéro

Si l’antiracisme a connu un pic d’activité et de présence médiatique dans les années 2000, on constate une baisse de sa visibilité depuis l’ère Sarkozy. « Cela tient à des raisons d’organisation et de conflits internes, mais aussi à l’épuisement d’une forme d’action contre les discriminations sans relais d’une politique d’État, celui-ci s’étant retiré à partir de la fin des années 2000. La baisse des financements et la recherche d’un second souffle de l’action antiraciste ont conduit à l’effacement de cette cause dans l’espace public », estime Patrick Simon, socio-démographe à l’Institut national d’études démographiques (Ined), spécialiste de l’immigration et de la discrimination.
Aujourd’hui, le mouvement antiraciste repose sur un réseau de bénévoles peu nombreux et des associations divisées. Sur fond de conflit israélo-palestinien, les débats sur l’existence ou non d’une « islamophobie » – le mot mettra du temps à se faire une place – déchirent le secteur. Au début des années 2000, l’affaire du voile est une autre pomme de discorde entre opposants et partisans de la loi. SOS Racisme, qui, en 1989, trouvait « scandaleux que l’on puisse, au nom de la laïcité, intervenir ainsi dans la vie privée des gens », finit, quatorze ans plus tard, par se lancer à corps perdu dans la bataille pour la loi interdisant le voile. « SOS Racisme a épousé l’évolution de la gauche dans ces années-là, analyse Philippe Juhem, maître de conférences en
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