Dominique Rousseau : « Un autisme politique »
Pour Dominique Rousseau, l’épisode du TCE traduit un divorce profond et ancien entre le peuple et ses représentants.
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© AFP
Constitutionnaliste, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature, Dominique Rousseau s’était engagé contre le projet de traité constitutionnel européen. Il observe depuis des années – et notamment à la suite du référendum de 2005 – l’écart entre le peuple et ses représentants, de plus en plus béant. Dans son dernier livre (1), il s’interroge sur les moyens d’une refondation de la démocratie, par un renforcement du rôle et de l’expression des citoyens.
Fin janvier, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au lendemain de la victoire de Syriza en Grèce, déclarait tout de go au Figaro : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ». Dix ans après le référendum de 2005, qu’en pensez-vous ?
Dominique Rousseau : Cela a le mérite d’être clair ! Plus sérieusement, cela montre bien le mode de gestion de l’Union européenne. Celle-ci traverse une crise profonde, quoique ancienne, qui n’est pas monétaire ou économique, mais bien politique. L’UE ne fonctionne pas car elle n’a pas de direction
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