Haine tenace contre Jean Zay
La dépouille de Jean Zay entrera au Panthéon le 27 mai. Un homme de gauche toujours attaqué par l’extrême droite.
dans l’hebdo N° 1354 Acheter ce numéro

Dans le Chagrin et la pitié, film de Marcel Ophüls réalisé en 1969, Pierre Mendès-France se remémore ainsi son procès devant le tribunal militaire de Clermont-Ferrand en 1941 : « Dans la salle, des gens odieux, des femmes avec des visages de haine, des gens qui souhaitaient une condamnation cruelle, outrés qu’on puisse même donner la parole aux accusés » … Ancien sous-secrétaire d’État radical-socialiste du Front populaire, juif et franc-maçon, il est condamné à six ans de prison pour « désertion devant l’ennemi ». Une accusation infondée qui visait quelques-uns de la trentaine d’hommes politiques qui avaient embarqué en juin 1940 sur le Massilia à Bordeaux (où le Parlement et le gouvernement s’étaient repliés devant l’avancée allemande), à destination du Maroc, alors protectorat français, où bon nombre d’entre eux pensaient sauvegarder la République, voire continuer le combat.
Poursuivi pour le même motif fallacieux, Jean Zay, ancien ministre de l’Éducation nationale de Léon Blum et des gouvernements successifs jusqu’en 1939, lorsqu’il demandera à rejoindre son régiment (ce dont il n’était nullement obligé), se voit