Des Cahiers en colère (« À flux détendu »)

Retour sur Cannes 2015, qui décidément aura fait couler beaucoup d’encre...

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Retour sur Cannes 2015, à nouveau, qui décidément aura fait couler beaucoup d’encre a posteriori. Après les justifications des responsables du festival, Pierre Lescure et Thierry Frémaux, en forme d’accusations contre les tweetos et une partie de la presse dont les attaques auraient dépassé les bornes, voici une nouvelle salve.

Elle provient d’un mensuel, donc avec un petit décalage chronologique : les Cahiers du cinéma. L’équipe des Cahiers, avec à sa tête Stéphane Delorme, n’y va pas par quatre chemins dans son numéro de juin. Le rédacteur en chef, qui entérine le « ratage » de cette édition, écrit : « La responsabilité d’un programmateur est de faire le tri entre les vrais films et ceux fabriqués pour plaire, les opportunistes et les faiseurs. Entre les œuvres et les produits. Mais, vu que Cannes encourage les produits, ce travail n’est plus fait. » Il estime que « la compétition devient ce qu’elle a toujours redouté être : la tête de gondole du marché du film ». Et autres propos tout aussi sévères.

Qu’on partage ces analyses (ce qui est mon cas, en partie) ou non, on ne peut qu’être frappé par la vigueur de l’engagement dont celles-ci témoignent (déjà souligné ici à propos du numéro suivant les attentats de janvier). Certains trouveront peut-être le ton excessif. C’est qu’il ne peut que détonner dans un environnement médiatique très majoritairement consensuel et consentant face à une prétendue toute-puissance cannoise.

Mais, en l’occurrence, les Cahiers du cinéma ne tiennent-ils pas le rôle qu’on peut attendre d’une revue de cinéma dont l’histoire, qui plus est, n’est pas anodine ? Les Cahiers appellent de leurs vœux un grand festival exigeant fait de découvertes et de réels débats sur les films. Comment ne pas approuver ? Il est aussi réjouissant de constater qu’aujourd’hui où le travail critique est en déshérence et constamment déprécié, quelques-uns croient encore à son efficacité.


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