Éric Toussaint : « La négociation grecque : un enjeu pour toute l’Europe »

Les créanciers veulent imposer au pays des conditions inacceptables, lourdes de conséquences sociales, estime l’économiste Éric Toussaint. Or, un audit démontre que la dette est majoritairement illégitime.

Thierry Brun  • 3 juin 2015 abonné·es
Éric Toussaint : « La négociation grecque : un enjeu pour toute l’Europe »
Éric Toussaint est président du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) en Belgique. Il a publié Bancocratie aux Éditions Aden (2014).
© AFP PHOTO / Louisa Gouliamaki

Les créanciers de la Grèce veulent imposer au gouvernement d’Alexis Tsipras des contraintes plus fortes encore qu’aux précédents gouvernements, explique Éric Toussaint. L’économiste, membre du conseil scientifique d’Attac, coordonne les travaux de la Commission pour la vérité sur la dette grecque mise en place par la présidente du Parlement, Zoé Konstantopoulou.

Considérez-vous la négociation avec les créanciers de la Grèce comme un enjeu politique et économique européen ?

Éric Toussaint : Il s’agit d’un enjeu politique de toute première importance. Y a-t-il ou non la possibilité pour un peuple de faire entendre sa volonté à travers les urnes afin de rejeter l’austérité ? L’exercice de la démocratie est-il compatible avec la volonté des institutions de l’Union européenne ? La réponse à ces questions aura une grande répercussion pour toute l’Europe. Depuis plusieurs mois, le report des versements de l’aide à la Grèce vise à asphyxier l’économie et le système financier grecs afin de faire plier le gouvernement. De toute évidence, la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne et les gouvernements

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