La Grèce au cœur de l’Europe !

APPEL. Le peuple grec n’a pas un problème avec l’Europe.
Lui et nous avons un problème avec ce pouvoir « européen » qui asservit et détruit l’Europe !

Politis.fr  • 29 juin 2015
Partager :
La Grèce au cœur de l’Europe !
Signatures à lagreceaucoeur@orange.fr
© KOSTIS NTANTAMIS / NURPHOTO

Nous ne croyons pas que le peuple grec soit coupable du doublement de sa dette publique en moins de dix ans[^2]. Ni qu’il doive payer cette dette artificiellement gonflée du saccage de ses droits sociaux, du naufrage de sa démocratie.

Depuis des années les pouvoirs nationaux et supranationaux qui contrôlent l’Union Européenne lui infligent une austérité assortie de « réformes structurelles » qui ruinent son économie et l’enfoncent dans une misère croissante.

Antoine Artous, Etienne Balibar, Sophie Bessis, Jacques Bidet, Luc Boltanski, Gilles Bounoure, Marie-Pierre Bourcier, Claude Calame, Patrick Chamoiseau, Patrice Cohen Seat, Jean-Numa Ducange, Jean-Louis Fabiani, Michel Husson, Michael Löwy, Marie-José Malis, Jean-Louis Martinelli, Gus Massiah, Jean-Claude Petit, Philippe Pignarre, Michèle Riot-Sarcey, Pierre Salama, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Francis Sitel, Bernard Stiegler, Hervé Télémaque, Jacques Testart, Eleni Varikas, Pierre Zarka...
Aujourd’hui le peuple grec dans un sursaut de dignité et de lucidité a donné une majorité électorale à une gauche radicale étrangère aux corruptions et aux compromissions d’hier, qui a formé un gouvernement dont le mandat est de repousser les diktats de la « Troïka » (FMI, BCE, Commission européenne) et d’appliquer une politique de rupture avec cette austérité criminelle.

L’objectif des classes dirigeantes européennes est, non pas d’obliger à rembourser une dette dont tout le monde sait qu’elle ne peut l’être, qui n’a pour fonction que de drainer les fonds publics vers les banques, mais de contraindre le gouvernement d’Alexis Tsipras et de Syriza à la capitulation. Cela afin de pouvoir continuer à étrangler le peuple grec, condamné à mendier indéfiniment des prêts de plus en plus onéreux, et de faire la démonstration aux yeux de toute l’Europe qu’il est impossible de s’attaquer aux banques, de contester le pouvoir absolu des classes dirigeantes, d’ouvrir une alternative à l’austérité…

Il est inacceptable que ceux qui prétendent parler « au nom de l’Europe » s’ingénient, en vue de briser le gouvernement que s’est donné le peuple grec, à empêcher celui-ci de tenir ses engagements les plus élémentaires. Jusqu’à oser, hier, lui « interdire » de mettre en œuvre des mesures humanitaires minimales en faveur des plus démunis (allocation logement, aide alimentaire, rétablissement de l’électricité) ! Aujourd’hui il exige de lui qu’il aggrave la baisse des retraites au dessous du seuil de pauvreté et augmente la TVA sur les produits de première nécessité. Et il s’affirme prêt à mettre en faillite le pays et à l’expulser de la zone euro, donc, à terme, de l’Union européenne, au risque de provoquer une crise aux conséquences imprévisibles.

Nous soutenons le peuple grec dans sa mobilisation et sa détermination pour faire reculer cette opération despotique et réactionnaire.

Le combat du peuple grec est celui de tous les démocrates et progressistes européens. Une éventuelle défaite, ce sont tous les peuples d’Europe qui en paieraient le prix. Une possible victoire, si limitée soit-elle encore, ce sont tous les peuples d’Europe qui en recueilleront les fruits.

Voilà pourquoi il faut que les forces qui en France et en Europe espèrent en un renouvellement de la démocratie répondent positivement aux appels de Syriza de construire une solidarité européenne autour de la Grèce et du peuple grec. La perspective d’un référendum invite à renforcer d’urgence cette solidarité^3.

Au peuple grec nous disons que nous sommes à ses côtés. Parce que son combat est le nôtre.

[^2]: Cf. L’Appel pour soutenir la Grèce qui résiste et sa Commission pour la vérité sur la dette publique.

Publié dans
Tribunes

Avec les tribunes, Politis s’ouvre à des contributions extérieures. Pour alimenter le débat au sein de la gauche et donner de l’écho à des mobilisations. Ces textes ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction.

Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don !

Envie de soutenir le journal autrement qu’en vous abonnant ? Faites un don et déduisez-le de vos impôts ! Même quelques euros font la différence. Chaque soutien à la presse indépendante a du sens.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Louis Aliot veut faire taire une militante antiraciste
Extrême droite • 21 novembre 2022

Louis Aliot veut faire taire une militante antiraciste

Le maire de Perpignan a déposé plainte contre Josie Boucher pour « injure publique ». Celle-ci vient d’apprendre sa mise en examen, vivement dénoncée dans cette tribune signée par de nombreuses personnalités et des organisations.
Par Collectif
Un million de signatures européennes pour en finir avec les pesticides
Agriculture • 21 octobre 2022 abonné·es

Un million de signatures européennes pour en finir avec les pesticides

L’initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » a recueilli le nombre de signatures suffisantes pour proposer à la Commission européenne une évolution de la législation. Objectif : sortir des pesticides d’ici à 2035.
Par Jean-Marc Siffre
« La France doit sortir du Traité sur la charte de l’énergie »
Europe • 20 octobre 2022

« La France doit sortir du Traité sur la charte de l’énergie »

Des organisations de la société civile demandaient à la France de se retirer du Traité sur la charte de l’énergie (TCE) et de voter contre sa version rénovée, à quelques semaines du début de la COP27. Politis avait publié leur tribune, la veille de l’annonce par Emmanuel Macron du retrait de la France du TCE.
Par Collectif
« Patrick Drahi ne nous fera pas taire ! »
Presse • 10 octobre 2022

« Patrick Drahi ne nous fera pas taire ! »

74 médias indépendants – dont Politis – et organisations de journalistes s’indignent de la décision de justice obtenue par le milliardaire et son groupe Altice contre nos collègues de Reflets.info. Au nom du secret des affaires, il est décidé par le tribunal de commerce de Nanterre d’une censure préalable de toute information susceptible d’être publiée sur ce groupe. Du jamais vu.
Par Collectif