Médine : Un rappeur dans la poudrière
Les positions provocatrices du chanteur Médine suscitent la controverse. Il se veut artiste « utile » à la convergence des luttes et démarre un tour de France en « démineur ».
dans l’hebdo N° 1368 Acheter ce numéro

La remorque s’ébranle comme un bateau bercé par la houle. Carrure de lutteur gréco-romain, casquette américaine et barbe fournie, Médine saute sur une enceinte pour embrasser la cohue du regard. Pour unique décoration, un immense poing serré jaune tapisse le fond de scène. « Ce que l’on est parle tellement fort/Qu’on en oubliera ce que l’on dit ! » Face à lui, cinquante fans – pas un de plus – serrés entre deux murs de toile et une porte en fer. Bienvenue au « camion-concert » du rappeur Médine, sur les routes de France jusqu’en octobre. « On s’est dit que ça serait “gangsta” ! », lance l’artiste tout sourire en montant sur sa mini-scène, le 2 septembre à Gonfreville, proche banlieue du Havre, où il a ses quartiers. Le show se passe autour d’un escabeau en bois. Celui des « speakers’ corners » (coins des orateurs), symbole de ralliement des citoyens en soif de liberté d’expression dans plusieurs pays anglo-saxons. Médine plonge au milieu de son auditoire, juché sur son escabeau, pour rapper un « appel au jihad social » .
Si son goût pour la provocation et sa barbe taillée en pointe peuvent lui valoir une image d’« islamo-racaille », le rappeur havrais se pose au contraire comme un militant du vivre-ensemble. « Nous voulons ramener la parole populaire là où elle est le plus utile. Loin des