Retourner à Fukushima ?

REPORTAGE. Les autorités tentent de convaincre la population de se réinstaller dans les zones où l’interdiction a été levée. Mais les habitants, qui se considèrent mal informés, sont partagés entre inquiétude et désespoir.

Claude-Marie Vadrot  • 7 octobre 2015 abonné·es
Retourner à Fukushima ?
© Photp : C.-M. Vadrot

Bien avant les zones encore interdites du département de Fukushima, les traces des inondations qui viennent de ravager la région sont toujours visibles. Elles ont tué une quinzaine de personnes et n’ont pas épargné les stockages, réputés provisoires, des 22 millions de tonnes de terre contaminée grattée sur une partie des terrains pollués par l’accident du 11 mars 2011. Enfermés dans d’énormes sacs noirs et recouverts de bâches bleues ou vertes, ces déchets sont entassés dans d’anciens champs de riz interdits de culture. L’eau des rivières en crue a entraîné un nombre inconnu de ces sacs de terre radioactive dans des rivières, des champs et vers la mer. Y compris aux abords de la centrale accidentée. De quoi renforcer la méfiance qui étreint les Japonais quand il leur est suggéré de retourner dans les communes où l’interdiction de résider a été levée.

De nombreux spécialistes se sont réunis du 14 au 20 septembre à Hirono, à 25 kilomètres de la centrale de Fukushima. Dans la petite ville rouverte, il s’agissait de faire le point sur les conditions du retour. Mais, sur les 8 000 habitants de cette bourgade avant l’évacuation, seuls 2 800 ont accepté de revenir. Les autres attendent d’avoir la certitude qu’ils peuvent le faire sans risque. Pour

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes
Analyse 8 avril 2026 abonné·es

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes

Après des discours musclés en campagne électorale, Giorgia Meloni s’est employée à rassurer les marchés et ses alliés internationaux recouvrant sa radicalité d’extrême droite originelle. Mais depuis sa défaite électorale au référendum de mars, la première ministre italienne semble renouer avec de vieilles tentations autoritaires.
Par Olivier Doubre
Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne
Récit 8 avril 2026 abonné·es

Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne

À un an de la fin de son mandat, Giorgia Meloni fait face à sa première véritable crise politique. Si l’on regarde en arrière, elle n’est en mesure de revendiquer que des mesures construites sur une série de paniques morales. Mais les mouvements sociaux italiens ont su lui porter la contradiction.
Par Giovanni Simone
Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique
Décryptage 8 avril 2026

Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique

En trois ans et demi à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a tenu la distance sans vraiment tenir ses promesses de révolution néofasciste.
Par William Jean
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre