André Glucksmann: Un intellectuel bien de son temps

Cet homme, quoi qu’on en ait pensé, est un témoin de son temps. Ses colères homériques ont fait partie de notre univers médiatique, et n’ont pas toujours été inutiles.

Denis Sieffert  • 10 novembre 2015 abonné·es
André Glucksmann: Un intellectuel bien de son temps
© Photo: André Glucksmann en conférence à l'Université libre de Berlin, le 8 janvier 2008 (CLAUDIA ESCH-KENKEL / DPA-ZENTRALBILD / DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP)

Cette page était bouclée – et consacrée à un tout autre sujet – quand j’ai appris la mort d’André Glucksmann. Double dilemme à une heure pour nous aussi tardive : en parler ou pas ? En parler vite, et peut-être mal, ou faire silence ? Prenons le risque. En parler, bien sûr, parce que cet homme, quoi qu’on en ait pensé, est un témoin de son temps, que ses colères homériques ont fait partie de notre univers médiatique, et qu’elles n’ont pas toujours été inutiles. On imagine bien pourtant que sa disparition ne nous inspirera pas ici un dithyrambe. D’autres s’en chargeront. Mais nous n’oublions pas que ses erreurs et fautes, nombreuses, selon nous, trouvent une explication dans une vie sans cesse tourmentée par les tragédies de l’histoire. C’est en cela que nous avons obligation d’écrire. Ce personnage haut en couleur, exaspérant, souvent insupportable de mauvaise foi, a d’abord été une victime. Il portait sur sa

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Une analyse au cordeau, et toujours pédagogique, des grandes questions internationales et politiques qui font l’actualité.

Temps de lecture : 4 minutes