État d’urgence : « On prend de gros risques pour la démocratie »

Spécialiste de l’histoire de la justice d’exception en France, Vanessa Codaccioni analyse les enjeux de la loi prorogeant de trois mois l’état d’urgence en France.

Olivier Doubre  • 25 novembre 2015 abonné·es
État d’urgence : « On prend de gros risques pour la démocratie »
Vanessa Codaccioni Politiste.Dernier ouvrage paru : Justice d’exception. L’État face aux crimes politiques et terroristes (CNRS éditions, 320 p., 25 euros).
© GUAY/AFP

Il n’aura fallu qu’une journée de « débats » à l’Assemblée nationale pour que les députés adoptent à la quasi-unanimité (moins six « réfractaires ») le projet de loi prorogeant l’état d’urgence pour trois mois supplémentaires ; idem pour les sénateurs. Cette loi réforme le texte initial de 1955 en étendant sa portée avec des catégories plus larges et plus floues – et pourrait constituer la base d’une future révision de la Constitution. À l’époque, le gouvernement d’Edgar Faure avait créé cette nouvelle catégorie à la place de « l’état de siège », trop associé aux circonstances d’une guerre classique à laquelle il s’agissait de ne surtout pas assimiler les « événements » en cours en Algérie. Maîtresse de conférences à l’université Paris 8 en science politique, Vanessa Codaccioni vient de publier un essai retraçant l’histoire en

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Société Police / Justice
Temps de lecture : 9 minutes