Pour BNP Paribas, les îles Caïmans ne sont pas des paradis fiscaux

Les faucheurs de chaises maintiennent leurs actions de réquisition citoyenne après le refus du groupe BNP Paribas de fermer toutes ses filiales dans les paradis fiscaux.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Lundi 23 novembre, des représentants des faucheurs de chaises ont été reçus au siège du Groupe BNP Paribas, par la direction générale, pour discuter de la fermeture de ses filiales dans les paradis fiscaux. Cette rencontre fait suite à la demande par e-mail, qui leur a été adressée le 14 novembre dernier par le groupe bancaire « de cesser (leurs) actions de vol de chaises, toute intrusion dans nos agences pouvant avoir des conséquences très graves » , étant donné « l’état d’urgence désormais en vigueur » .

Thomas Coutrot, économiste et statisticien, porte-parole d’Attac France, Txetx Etcheverry, membre de la coordination d’Action Non-Violente ANV-COP21, Florent Compain, président des Amis de la Terre, et Pauline Boyer, porte-parole d’ANV-COP21, ont rencontré Philippe Bordenave, directeur général délégué de BNP Paribas, Michel Konczaty, directeur Général Adjoint, et Laurence Pessez, déléguée à la responsabilité sociale et environnementale du groupe.

Dans une lettre de réponse, les faucheurs de chaises s'étaient dit « prêts à appeler à la suspension des réquisitions de chaises dans les agences de la BNP (si la direction de la banque annonçait) la fermeture de (ses) 7 filiales dans les îles Caïmans » .

D'après BNP Paribas, les îles Caïmans ne seraient pas de paradis fiscaux mais de paradis règlementaires.

Durant la réunion, le groupe BNP a annoncé la réduction du nombre de filiales aux Îles Caïman de sept à quatre en 2016, tout en considérant qu’il ne s’agit pas de paradis fiscaux mais de paradis règlementaires, car elles ne figurent pas sur la liste de l’OCDE. Un maigre compromis selon les faucheurs de chaises.

Pour Thomas Coutrot, « l’activité des banques françaises dans les paradis fiscaux est un trouble majeur à l’ordre public, à l’ordre économique, à l’ordre social et à l’ordre environnemental, puisque l’évasion fiscale est une des causes majeures de déficit public qui empêchent de financer la lutte pour la transition écologique » .

Évasion fiscale et responsabilité environnementale : BNP Paribas, partenaire de la COP 21

L'annonce de fermeture de trois filiales aux îles Caïmans est jugée insatisfaisante, et paradoxale à la veille de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques dont le groupe bancaire est partenaire au nom de leur responsabilité environnementale et de son engagement pour « lutter contre le changement climatique » , souligne Thomas Coutrot:

« État d’urgence ou pas état d’urgence il faut que l’action citoyenne continue à s’opposer à ce scandale permanent qui est l’organisation de l’évasion fiscal par le système bancaire. »

Suite aux terribles attentats du 13 novembre , les faucheurs de chaises ont suspendu leurs actions de désobéissance civile pour quelques jours pour respecter la période de deuil, mais confirment leur maintien et appellent à une nouvelle action de réquisition citoyenne le 3 décembre à 10 heures devant le siège central de BNP Paribas, au boulevard des Italiens.

Ils maintiennent également leur Sommet international sur la question du financement du Fonds vert et de la transition sociale et écologique, le 6 décembre, au cours duquel ils prévoient de réunir les 196 chaises réquisitionnées jusqu’à ce jour, dans un endroit à déterminer.

Txetx Etcheverry a rappelé également que « aux États-Unis, des victimes d’attentats terroristes ont porté plainte contre la BNP, pour sa présence dans certains paradis fiscaux et pour une complicité dans le financement du terrorisme » .


Haut de page

Voir aussi

Articles récents