« La Révolution, un héritage pour inventer un autre monde »
L’historienne Sophie Wahnich analyse le rapport de la France à son passé révolutionnaire. Entre émancipation et réaction.
dans l’hebdo N° 1382-1384 Acheter ce numéro

© Photo : HUGUEN/AFP
Spécialiste de la Révolution française, Sophie Wahnich s’intéresse à sa transmission et au rapport passé/présent de cet événement qui débuta en 1789. Refusant l’idée même de « fin de l’histoire », elle analyse le rôle de l’historien pour contribuer au retour des luttes et « inventer un monde nouveau ». Un engagement autour de l’héritage des mouvements pour l’émancipation dans l’histoire de la France contemporaine.
Une historienne française engagée comme vous l’êtes ne peut que ressentir une certaine fierté devant cette succession de dates : 1789, 1793, 1848, 1871, 1905, 1936, 1944, 1968… Qu’évoquent-elles pour vous ?
Sophie Wahnich : J’ai toujours trouvé étrange qu’on puisse avoir honte, en tant que Français, de la Révolution française, comme si on devait dans le chaînage des générations imaginaires assumer les actes des ancêtres imaginaires. Cette honte a été diffusée au moment du bicentenaire, et en amont, par l’énoncé : « La Révolution française est matrice du totalitarisme. » De la même manière, je ne crois pas qu’on puisse être fier par procuration de cet événement et de ceux qui suivent dans votre liste. Au mieux sont-ils porteurs de réconfort et d’espoir quand on prend la mesure du fait que, dans l’histoire longue, alternent en France des
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