Attentats, un an après : Une société en mal de cohésion

L’historien Patrick Weil, auteur d’un livre sur la République depuis les attentats de janvier 2015*, analyse les conséquences de ces attaques sur les relations entre les Français de diverses origines.

Olivier Doubre  • 6 janvier 2016 abonné·es
Attentats, un an après : Une société en mal de cohésion
© **Patrick Weil** Enseignant-chercheur à l’université Paris-I. **Le Sens de la République. Les onze questions que tout le monde se pose sur l’immigration, l’identité nationale, la laïcité, le religieux, les discriminations, les frontières…** , Patrick Weil (avec Nicolas Truong), Grasset, 180 p., 17 euros. Photo : Jeff J Mitchell/Getty Images/AFP

Spécialiste de l’immigration, sujet sur lequel il a conseillé plusieurs gouvernements socialistes, Patrick Weil est l’auteur d’une étude approfondie de l’histoire et des grands principes de la République. Il décrit ici les bouleversements induits par les attentats qui ont frappé la France en janvier et novembre 2015, notamment sur la cohésion républicaine, notre vivre-ensemble et la législation, jusqu’à la Constitution.

Selon vous, qu’est-ce qui a changé en France depuis les attentats des 7 et 9 janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher ?

Patrick Weil : Ce qui a d’abord changé, c’est que ces événements ne sont pas restés isolés. Il y en a eu au moins trois autres : la décapitation d’un chef d’entreprise en Isère, la tentative d’attentat dans le Thalys et puis, bien sûr, le massacre du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Chacun a confirmé l’existence d’une menace qui provient de quelques centaines de personnes, peut-être quelques milliers, tentés par l’action terroriste, qu’il faut empêcher d’agir. La question se pose de la stratégie et des moyens de la police, mais même une bonne réponse à cette question serait insuffisante. La seule réponse de fond à l’action terroriste est dans la cohésion de la société française et des Français dans leur ensemble ; si celle-ci est assurée, aucun acte ne pourra la déstabiliser alors que c’est bien ce qui est recherché. Or cette réponse concerne directement les 66 millions de Français, et

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Police / Justice
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Racisme 16 avril 2026 abonné·es

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme

Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 
Exclusif 16 avril 2026 abonné·es

« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 

Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Par Hugo Boursier
Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  

La proposition de loi Yadan, débattue ce jeudi 16 avril, suscite de vives inquiétudes en raison de son caractère jugé liberticide et son contenu flou. Avocats, associations et artistes redoutent un recul de la liberté d’expression. 
Par Kamélia Ouaïssa
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier