Lyonel Trouillot : Écrire avec les siens
Dans Kannjawou, son neuvième et superbe roman, Lyonel Trouillot donne à voir la dislocation d’un groupe d’amis, à l’image du devenir de son pays, Haïti.
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© Lyonel M. Melki
Lyonel Trouillot parvient à résoudre la contradiction de figurer, parmi les écrivains haïtiens, l’un des plus puissants porte-parole de son peuple démuni et, en même temps, d’atteindre à l’universel. Mais peut-être cette contradiction n’est-elle qu’apparente. Peut-être qu’en fouillant loin dans l’humanité de ses personnages, c’est-à-dire aussi dans leur part d’ombre, découvre-t-il ce qui nous unit aux habitants des faubourgs déshérités de Port-au-Prince, au-delà d’un éventuel élan de solidarité.
Kannjawou, son neuvième roman (tous publiés chez Actes Sud), confirme le talent exceptionnel de cet écrivain, dont la palette s’élargit toujours plus : ce livre-ci semble pénétrer dans la chair de l’existence avec une acuité inouïe. Chaque paragraphe ouvre une nouvelle perspective, un nouveau registre de perception. Kannjawou s’avère d’une richesse infinie.
« Kannjawou » : en créole, le mot signifie « grosse fête », et c’est le nom d’un bar-restaurant que fréquentent des Blancs ou « des presque Blancs ». Autrement dit, des riches.
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