Calais : l’évacuation partielle de la jungle repoussée

Vanina Delmas  • 23 février 2016
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Calais : l’évacuation partielle de la jungle repoussée
© Crédit photo : Une partie des maisons menacées par l'évacuation de la jungle. (Ingrid Merckx / Politis)

« Ce ne sera pas aujourd’hui », a indiqué le tribunal administratif de Lille. L’ultimatum lancé par la préfecture du Nord-Pas-de-Calais aux migrants pour évacuer la zone sud de la jungle n’expirera pas ce soir.

Une audience de cette instance examine mardi après-midi, en référé, la suspension de l’évacuation de la moitié sud de la jungle. La décision du tribunal administratif ne sera rendue que mercredi, voire jeudi. Ce délai ne constitue pas une surprise, compte tenu du temps de rédaction de l’ordonnance de référé.

Ce mardi matin, la juge Quemener s’est rendue dans la jungle pour se rendre compte des conditions de vie des réfugiés. Une dizaine d’associations et 250 migrants avaient déposé un référé pour réclamer la suspension de l’évacuation. Vendredi, la préfecture du Pas-de-Calais avait invoqué « l’urgence » pour prendre un arrêté d’expulsion d’office des occupants de la partie sud du camp, soit environ la moitié de la superficie du camp.

La bataille des chiffres pour évaluer le nombre de migrants vivant dans la jungle n’a pas calmé les tensions. Selon les services de la préfecture, entre 800 et 1000 personnes dans la zone sud tandis que des associations coordonnées par L’auberge des migrants et Help refugees ont comptabilisé 3455 personnes dont 293 enfants isolés.

Le sort des mineurs isolés

Lundi, c’était au tour de la Défenseure des enfants, Geneviève Avenard, de parcourir la jungle. A la demande du Défenseur des droits, Jacques Toubon, elle a passé la matinée à recueillir des témoignages sur le sort des mineurs vivant dans le bidonville. « Avec la pluie, le froid et le vent, les conditions qui leur sont faites ne sont pas dignes d’êtres humains », a-t-elle déclaré sur France info.

Si elle a noté des efforts pour l’accueil de jour des enfants, elle a déploré « l’absence de visibilité concernant leur future prise en charge » et que le seul accès à l’école repose sur l’école laïque du Chemin des Dunes. L’une de ses missions principale est de veiller au regroupement familial. Selon les chiffres publiés dans son communiqué de presse, 90 mineurs pourraient en bénéficier pour retrouver leur famille en Grande-Bretagne.

Temps de lecture : 2 minutes
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