Code du travail : appels à la grève et mobilisation étudiante le 9 mars

Erwan Manac'h  • 25 février 2016
Partager :
Code du travail : appels à la grève et mobilisation étudiante le 9 mars
© (1) La CFDT, la CFE-CGC, la CGT, FSU, Solidaires-Sud, l'Unsa, l'Unef (étudiants) et les syndicats lycéens UNL et Fidl. FO n’a pas signé le texte. Photo : Mai 2005, Paris Sorbonne, assemblée étudiante contre la réforme de l'enseignement. ERIC FEFERBERG / AFP

Un mot d’ordre de grève générale est en train de gagner les réseaux sociaux, pour le 9 mars, date de présentation en Conseil des ministres de la réforme du Code du travail.

Un « appel citoyen et militant », initié par des militants CGT notamment, a recueilli l’adhésion sur Facebook de 19 000 participants, encore virtuels. Ses auteurs appellent à la « convergence des luttes (…) avec ou sans les directions syndicales », le 9 mars. Voire après :

Le 10 on remet ça (avec les retraités qui ont déjà prévu de manifester) et les jours suivants jusqu’au retrait total de ce projet de loi !

L’appel a été repris par le syndicat Info’Com CGT.

Journée d’action intersyndicale le 31 mars

Réunie mardi soir au siège de la CGT, l’intersyndicale n’a pas établi de mot d’ordre commun de mobilisation. La CFDT, qui critique le texte, attend une réponse du gouvernement sur ses demandes de révision « en profondeur », avant de passer à l’action. Le syndicat soutient en revanche la proposition de création de référendums pour dépasser le véto des syndicats majoritaires lors d’une négociation d’entreprise. Un point de désaccord avec les autres organisations de salariés.

Dans un texte commun, 9 syndicats (1) demandent le retrait du plafonnement des indemnités prud’homales pour licenciement abusif et des « mesures qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs ». Concernant les mesures sur les licenciements économiques (que la future loi veut étendre aux entreprises bénéficiaires qui perdent en « compétitivité »), le forfait jours, l’organisation du travail et l’apprentissage, les signataires concluent seulement qu’ils entendent « travailler ensemble sur la construction de droits nouveaux ». A suivre donc.

Les syndicats se sont séparés en se fixant un nouveau rendez-vous jeudi 3 mars. La date du 31 mars, soit quatre jours avant le début de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale, a été évoquée pour « une journée d’action », sur proposition de la CGT. « FIDL, FO, FSU, SUD, UNEF et UNL partagent cette idée », affirmait ce mercredi la CGT, dans une note interne qu’elle a rendue publique.

L’Unef, syndicat étudiant, ainsi que deux syndicats lycéens sont en revanche déterminés à ne pas attendre pour lancer la mobilisation. Des initiatives doivent être prises pour le 9 mars et une « campagne » est lancée dans les universités.

A lire, notre analyse : Loi travail, une déchéance des droits sociaux

-Ajout, 17 h 30 : Solidaires, qui demande le retrait du projet de loi El Khomri, a estimé jeudi après-midi dans un communiqué que « de nombreux salariés attendent (…) un appel clair à l’action ».

Le syndicat joint donc sa voix aux appels à la mobilisation, sans préciser pour autant la forme que cela doit prendre. « L’action est possible dès le 9 mars, affirme-t-il. Ce devra être une étape pour une mobilisation d’ampleur et vers une journée interprofessionnelle de grève et de manifestations. »


Liste provisoire des appels à mobilisation le 9 mars : Besançon, Bordeaux, Bourges, Clermont-Ferrand, Lille, Lyon, Montluçon, Montpellier, Nancy, Paris, Poitiers, Rouen, Strasbourg, Niort. Liste mise à jour au lien suivant.

Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Une délégation parlementaire a rendu visite à Ali, Palestinien en détention provisoire depuis deux ans
Reportage 26 mai 2026 abonné·es

Une délégation parlementaire a rendu visite à Ali, Palestinien en détention provisoire depuis deux ans

Lundi 25 mai, des députés ont visité la maison d’arrêt d’Osny, surpeuplée. Ils ont pu rencontrer Ali, palestinien en détention provisoire depuis deux ans. Son statut de réfugié a été retiré par la France après des allégations qui auraient été fournies par Israël.
Par Pauline Migevant et Maxime Sirvins
Présidentielle : Fabien Roussel rêve d’une deuxième aventure
Récit 26 mai 2026 abonné·es

Présidentielle : Fabien Roussel rêve d’une deuxième aventure

Le secrétaire national du PCF devrait logiquement être réélu lors du congrès de son parti, légèrement plus divisé qu’il y a trois ans. Ne cachant plus ses ambitions pour 2027, l’ex-député du Nord rêve de se faire un espace à gauche.
Par Lucas Sarafian
Festival de La Ciotat : pourquoi la nomination du successeur de Gérard Darmon continue de poser problème
Cinéma 22 mai 2026

Festival de La Ciotat : pourquoi la nomination du successeur de Gérard Darmon continue de poser problème

Si l’acteur a décidé de se retirer de la présidence du jury du festival, il a été remplacé par le réalisateur Jean-Pierre Améris, dont le dernier long-métrage a été jalonné par des accusations de « remarques humiliantes » de l’acteur sur une technicienne.
Par Hugo Boursier
Data centers : à qui profite vraiment la « souveraineté numérique » ?
Analyse 22 mai 2026 abonné·es

Data centers : à qui profite vraiment la « souveraineté numérique » ?

Brandi comme un étendard par le gouvernement et les géants du numérique, le concept consensuel de « souveraineté numérique » masque une réalité moins flatteuse : l’emprise de la Big Tech américaine et des fonds étrangers sur le numérique français et européen.
Par Thomas Lefèvre