Patrick Autréaux : « Rendre compte de la violence et des non-dits »
Patrick Autréaux publie un texte politique, Je suis Charlie, un an après, et une évocation poétique du deuil, Le Grand Vivant.
dans l’hebdo N° 1391 Acheter ce numéro

© C. Hélie/Gallimard
L’an dernier, nous avons salué la publication d’un roman d’une richesse impressionnante, Les Irréguliers (Gallimard), qui articulait la critique sociale, l’histoire familiale et les élans intimes dans une langue subtile. Patrick Autréaux revient avec deux textes très différents. Le premier, intitulé Je suis Charlie, un an après, de nature politique, développe un point de vue éminemment critique ; le second, Le Grand Vivant, est une évocation poétique du deuil d’un grand-père. Patrick Autréaux nous explique ici ce qui relie son expérience de la maladie, le fait d’avoir été pendant quinze ans psychiatre dans un service d’urgences, et son écriture, littéraire ou politique.
En quoi vos premiers livres sont-ils liés à la maladie que vous avez connue ?
Patrick Autréaux : Mon premier récit, Dans la vallée des larmes, est l’aboutissement de plusieurs tentatives d’écriture, sur une dizaine d’années, après que j’ai été atteint et traité d’un cancer. Sans que je le prévoie, il allait démarrer un cycle, chacun de mes livres étant comme une mue qui m’amène de l’un à l’autre – cycle sur la difficulté de vivre la guérison, sur l’impossibilité de revenir dans le monde de la « normalité ».
C’est sans doute pourquoi les récits de la déportation et du retour, comme ceux de Primo Levi, Imre Kertész, Charlotte Delbo ou Etty Hillesum, ont été si importants dans ma vie et pour la genèse de ces livres : Dans la vallée des larmes et Soigner (Gallimard), et surtout Se survivre (Verdier), où j’ai tenté d’écrire l’expérience de la chimiothérapie comme expérience intérieure, très marqué en cela par Bataille, Michaux et certains écrits autobiographiques de mystiques. Ce dernier texte a clos ce travail sur le
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