Taubira : le style, c’est la femme

La forte personnalité de l’ex-garde des Sceaux attire plus souvent les commentaires que son action politique réelle. Avec de grands succès, mais aussi des « couleuvres » et des échecs.

Denis Sieffert  • 3 février 2016 abonné·es
Taubira : le style, c’est la femme
Murmures à la jeunesse, Christiane Taubira, éd. Philippe Rey, 95 p., 7 euros.
© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Avec Christiane Taubira, il n’est pas facile d’exercer un droit d’inventaire. Son bilan place Vendôme est éclipsé par une personnalité flamboyante qui incite plus à juger la femme que la ministre. Christiane Taubira appartient à une espèce devenue rare en politique, celle des humanistes. Une littéraire dans un monde de comptables.

Il m’est arrivé de la croiser un dimanche après-midi à la Maison de la poésie, où Jacqueline Cerquiglini-Toulet donnait une conférence sur Villon. La liste est longue des ministres que l’on ne risque pas de rencontrer en pareil lieu… Sa passion pour la poésie enlumine un discours politique souvent ponctué de citations de René Char, d’Aimé Césaire ou de Léon-Gontran Damas. Cette culture qui l’habite, et qu’elle semble défendre contre une époque, en fait une redoutable polémiste. Pas facile de répliquer à Aimé Césaire… Le député de droite Éric Ciotti a pu le mesurer à ses dépens lors d’une joute fameuse dans l’hémicycle. Christiane Taubira tire toujours le débat vers le haut. Trop haut pour beaucoup de ses contempteurs. D’autant plus que les mots qui cinglent s’accompagnent d’un regard de défi.

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Politique
Temps de lecture : 6 minutes